Française des jeux : le mythe de l’actionnariat populaire

13 Novembre 2019

Depuis le 7 novembre, l’État a commencé la vente de 52 % de ses actions de la Française des jeux (FDJ) : un tiers est réservé aux particuliers et les deux tiers restants aux entreprises, banques, etc.

Pour convaincre les particuliers, le gouvernement mène toute une campagne vantant les avantages de posséder des actions en tant que parts de propriété d’une entreprise. Il cherche aussi à convaincre en certifiant que FDJ est une entreprise sûre, prospère, qui existe depuis près d’un siècle et dont il gardera 20 % du capital. Il propose de plus une décote de 2 % aux particuliers et une action gratuite pour dix achetées.

Avec cette campagne, le gouvernement veut aussi faire revenir vers la bourse les petits actionnaires échaudés par la crise économique de 2008. Comme à chaque krach boursier, ce sont les petits actionnaires qui ont alors perdu le plus d’argent au profit de quelques gros capitalistes qui eux se sont enrichis. Le nombre d’actionnaires, hors actionnariat salarié, est ainsi passé de plus de sept millions en 2007 à trois millions et demi de personnes en 2017. Cela désespère les propriétaires des banques et autres capitalistes qui aimeraient bien utiliser l’argent des épargnants pour spéculer afin de mieux les plumer.

Contrairement aux bavardages des promoteurs de l’actionnariat populaire, posséder quelques actions ne permet pas de diriger l’entreprise car ce n’est pas dans les assemblées générales que se prennent les décisions, mais dans les conseils d’administration constitués des plus gros actionnaires, qui connaissent tous les rouages de la spéculation et ont les relations et les informations qu’il faut pour vendre ou acheter leurs actions au bon moment.

Dans le monde de requins du capitalisme, il n’y a ni hasard ni loterie. Les petits perdent à tous les coups.

Arnaud LOUVET