Aide médicale réduite : une attaque contre tous

13 Novembre 2019

Mercredi 6 novembre, le gouvernement a annoncé des mesures contre les migrants. Elles sont toutes plus infâmes les unes que les autres.

Outre le délai de carence de trois mois instauré avant de pouvoir enregistrer une demande d’une Protection universelle maladie (PUMa) ou de l’Aide médicale d’État (AME), le gouvernement réduit à six mois au lieu de douze le temps où les demandeurs d’asile déboutés peuvent encore se faire soigner. Enfin, pour pouvoir bénéficier de soins, il faudra dans de nombreux cas en demander l’autorisation à l’Assurance maladie.

Comme en témoigne notamment Médecins du monde, nombre de migrants qui arrivent en France à la fin d’un terrible parcours parviennent très difficilement à accéder aux soins. Même le très réactionnaire Ordre des médecins est critique et pointe une menace pour la santé publique, tant il est vrai que soigner le plus tôt possible les malades, migrants ou non, est une protection pour l’ensemble de la population.

Et ce n’est pas seulement d’un point de vue médical que l’avenir de la population, et en particulier celui des travailleurs, est lié à l’accueil fait aux migrants, car c’est en tant que pauvres que les migrants sont attaqués. Le fantasme du tourisme médical est brandi par le gouvernement à l’encontre de migrants qui touchent moins de 740 euros par mois, plafond de ressources pour toucher l’AME. En réalité, seuls 38 cas de fraude à l’AME ont été recensés. C’est dire l’utilisation délirante qui est faite de ce prétendu danger pour mener une campagne antimigrants.

Ces dernières années, le nombre de migrants qui parviennent à toucher l’AME n’a pas augmenté. Celle-ci ne représente que 0,5 % des dépenses de l’Assurance maladie et elle est alimentée par le budget de l’État. Même si elle est dérisoire du point de vue des chiffres, sa réduction annoncée par le gouvernement participe lourdement à la dégradation de la santé des classes populaires.

Jean SANDAY