Technicentre Châtillon : une grève victorieuse

06 Novembre 2019

Démarrée la nuit du 21 octobre à Châtillon chez les dépanneurs TGV et les jockeys, chargés du déplacement des rames, la grève a été suspendue dans la nuit du samedi 2 novembre. Les 250 grévistes avaient le sentiment d’avoir arraché ce qu’ils pouvaient.

Effectivement, ils ont fait remballer le projet de roulements de la direction, qui voulait les contraindre à passer une nuit sur trois au travail, leur supprimer douze repos. Ils obtiennent le maintien, voire l’amélioration de certains roulements. Ils obtiennent aussi 30 embauches supplémentaires en plus de 30 déjà programmées et l’augmentation de quelques primes.

S’ils n’ont pas obtenu le paiement des jours de grève, ils obtiennent la garantie qu’il n’y aura aucune sanction disciplinaire pour une grève démarrée sans préavis.

Dans tout le secteur règne maintenant une grande solidarité. Comme le disait une cheminote : « Avant je saluais des gens. Aujourd’hui, partout, j’ai des potes. »

Les grévistes sont fiers d’avoir prouvé que les ouvriers de la maintenance, peuvent tout autant que les autres corporations paralyser le trafic en cessant le travail. Tous jouent un rôle irremplaçable.

Et surtout, il y a la fierté d’avoir mené un mouvement parti de la base et contrôlé par elle. Les grévistes étaient présents aux assemblées, de nuit comme de jour, et certains dormaient sur place. Tous les grévistes étaient à égalité, syndiqués ou non. C’est ce qui a garanti l’unité et la force du mouvement.

Tous ont aussi constaté le démarrage de la grève au Landy. En une semaine, la conscience que les travailleurs peuvent inverser le rapport de force a fait un bond.

Correspondant LO