SNCF – Technicentre du Landy : la grève démarre

06 Novembre 2019

Le Technicentre du Landy à Saint-Denis entretient les rames TER et TGV du secteur Nord, Thalys, Eurostar. 800 cheminots et une centaine de salariés de sous-traitants y travaillent.

Rapidement, la mobilisation des cheminots de Châtillon et son impact sur le trafic ont eu un écho important : dans tous les ateliers, tous connaissent les mêmes changements de roulements qui dégradent les conditions de travail et de vie.

Les débrayages ont commencé jeudi 31 octobre, touchant toutes les équipes, en nuit et en journée. Les cheminots ont établi une liste de revendications comportant pour l’essentiel la revalorisation de primes existantes, une prime exceptionnelle de fin d’année, des embauches sur tous les secteurs. Les débrayages ont continué toutes les nuits et tous les jours. Des cheminots sont allés en groupe dans l’ensemble du site pour entraîner leurs camarades et ont organisé des assemblées.

Lundi 4 novembre, la production était déjà quasiment à l’arrêt. L’assemblée d’une centaine de cheminots a décidé de s’inviter à la réunion convoquée par le directeur d’établissement avec les représentants syndicaux. Les grévistes avaient désigné douze représentants, syndiqués ou non et près d’une centaine de cheminots déterminés ont envahi la salle. La direction qui ne voulait discuter qu’avec les représentants syndicaux a dû entendre la colère des grévistes.

Un cheminot lui a rappelé la pénibilité du travail alors qu’il y a deux semaines, les dirigeants hiérarchiques prenaient du bon temps en séminaire à Center Parc aux frais de la princesse… Le directeur a dû entendre le ras-le-bol des bas salaires, le slogan qui circule parmi les grévistes « on ne veut pas des miettes, on veut des steaks » et bien-sûr le refrain « on est là… ».

La direction, qui n’avait rien à proposer, a fini par quitter la salle. Les cheminots ont voté à l’unanimité la poursuite de leur mouvement pour le lendemain.

Mardi 5, la mobilisation continuait. Environ 150 cheminots se sont rassemblés devant les bureaux de la direction qui renvoie aux négociations nationales du mercredi avec les organisations syndicales. Les grévistes préfèrent, et ils ont raison, compter sur leur propre force.

Correspondant LO