Mali : l’intervention militaire française aggrave la situation

06 Novembre 2019

Quarante-neuf soldats maliens sont morts vendredi 1er novembre, lors de l’attaque de leur camp à Indelimane par un groupe de djihadistes. Un mois auparavant, quarante autres avaient déjà péri dans un assaut semblable contre leurs bases de Mondoro et Boulkessi. Le 2 novembre, un soldat français a lui aussi trouvé la mort dans l’explosion d’une mine.

En visite au Tchad avant de se rendre au Burkina Faso et au Mali, la ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré contre toute évidence, à propos des 4 500 soldats français de la force française Barkhane : « Barkhane ne s’enlise pas, Barkhane s’adapte en permanence. » Mais tout le monde peut constater qu’en bientôt sept ans l’intervention militaire française n’a abouti qu’à étendre le champ d’intervention des groupes djihadistes.

Le fait que les FAMA, les Forces armées maliennes, ne soient pas capables de se défendre face à ceux-ci n’est pas une découverte pour la population. En 2012 les soldats avaient décampé devant les groupes djihadistes, leur livrant tout le nord du pays et une bonne partie de leurs armes. Aujourd’hui reconstituées grâce aux fonds et à l’encadrement venu de Paris, ces forces armées n’ont pas pour autant changé de nature et de comportement. La population ne leur fait aucune confiance pour la protéger contre les exactions des groupes djihadistes qui terrorisent le pays. Elle sait que la principale occupation des militaires consiste à rançonner les habitants dans les villes, les marchés, sur les routes, ou les points de contrôle des véhicules. Cette armée est à l’image du régime qu’elle défend et dont le président vit dans le luxe alors que la grande majorité de la population végète dans la misère. Un régime dont les dignitaires détournent à leur seul profit des sommes qui permettraient de construire de nombreuses écoles ou centres de santé, de réparer les routes défoncées

Devant l’inutilité de la présence militaire française et des 12 500 casques bleus de la Minusma, toute une partie de la population réclame leur départ. En juin, suite au massacre de villageois par des milices ethniques, des manifestants scandaient : « À bas la France », « La France complice des terroristes » « Minusma : mission inutile au Mali ».

Effectivement, toutes ces troupes ne sont là que pour défendre les intérêts de l’impérialisme français, pour tenir à bout de bras un régime dont la corruption et le mépris de la population ne font que fournir de nouvelles recrues aux djihadistes.

Daniel MESCLA