Macron – Le Pen : les mêmes valeurs

06 Novembre 2019

En donnant une interview à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, Macron a choisi de s’épancher dans une publication qui a été condamnée pour provocation à la haine raciale en 2013 et pour provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers les Roms en 2015.

Il n’ignorait pas où il mettait les pieds et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne sentait pas bon.

Cet entretien est un nouvel épisode du concours en démagogie antimusulmans et antimigrants ouvert par Macron, dans lequel Le Pen se pose en championne. Il y qualifie un rassemblement contre l’islamophobie organisé le 19 octobre à Paris de « tiers-mondisme non aligné aux relents marxistes », ou se moque des associations d’aide aux migrants, « droits-de-l’hommistes la main sur le cœur ». Pour la fin de son quinquennat, il s’est engagé à ce que 100 % des décisions de reconduite à la frontière soient mises à exécution.

Macron, par ses propos, ne peut qu’encourager les paroles, les attitudes dirigées contre les étrangers, les migrants ou les musulmans dans la vie sociale, dans les quartiers, dans les entreprises. C’est évidemment ignoble, mais pas surprenant. Ceux qui crient à la trahison sont les mêmes qui ont présenté Macron, au second tour de la présidentielle, comme une protection face à Le Pen. Ce qui s’est avéré finalement être un bon moyen de permettre aux idées de l’extrême droite de continuer à gangrener la société.

Au-delà des calculs électoraux et de la grossièreté de leur mise en scène par Macron, il y a une évolution plus profonde : face à la crise économique et à leur propre impuissance, les politiciens comme Macron distillent dans la population le poison des divisions religieuses, nationales ou autres. Entre Le Pen et Macron, il y a bien sûr des différences, ne serait-ce que leur électorat. Mais ils partagent un terrain commun : celui d’une société de plus en plus injuste, et qu’ils sont prêts à défendre au prix de toutes les bassesses.

Boris SAVIN