Hôpital : manifestons le 14 novembre !

06 Novembre 2019

Alors que l’hôpital public craque de partout, ce dont témoigne notamment le mouvement des services d’urgence qui dure depuis huit mois, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé une hausse de l’enveloppe budgétaire pour l’hôpital public limitée à + 2,1 % en 2020. Pourtant l’augmentation naturelle des dépenses de l’Assurance maladie est de 4,5 % environ.

Cela confirme que les 750 millions récemment promis en réponse à la crise des Urgences n’étaient que le redéploiement de financements existants. Le mécontentement, l’épuisement, l’exaspération des travailleuses et travailleurs hospitaliers, de celles et ceux des Ehpad, s’expriment à tout moment. Cela a été le cas récemment le 29 octobre lors de rassemblements, à Paris comme dans d’autres villes. Au sein de l’hôpital public, des médecins proposent de cesser le codage des actes médicaux, afin de faire pression au niveau des ressources financières et de dénoncer la notion de rentabilité que les autorités de santé imposent déjà de longue date. Si l’hôpital tient, c’est grâce au sens des responsabilités, au dévouement du personnel dans son ensemble.

Après la dénonciation de multiples situations périlleuses, ce sont les services hospitaliers pédiatriques d’Ile-de-France qui ont récemment lancé une alerte, craignant un grave déficit d’internes.

À l’appel d’un collectif inter-hôpitaux qui prend le relais du collectif inter-Urgences, ainsi que des syndicats des travailleurs de la santé, une journée d’action avec manifestations doit se dérouler le 14 novembre. Il est urgent d’embaucher dans les hôpitaux, les Smur, les maternités, les Ehpad, les services de psychiatrie. Il est urgent de rouvrir les lits fermés, et de programmer de nouvelles ouvertures. Il est urgent d’augmenter les salaires de tous de 300 euros net par mois. Il est urgent d’arrêter de fermer des hôpitaux de proximité ou de les transformer en services de gériatrie. Il est urgent, pour répondre aux besoins de la population, d’augmenter réellement le budget des hôpitaux.

Le soutien de plus de 80 % de la population aux mouvements du personnel de santé publique est significatif. L’immobilisme du gouvernement et le budget voté par la majorité des députés montrent, s’il en était besoin, la nécessité d’accentuer la mobilisation. Une participation massive aux manifestations du 14 novembre peut être un pas dans ce sens.

Viviane LAFONT