Chômage : une attaque indigne

06 Novembre 2019

Avec l’entrée en application le 1er novembre de la première partie de la réforme de l’indemnisation du chômage, tous les poncifs antichômeurs ont été avancés pour justifier que des centaines de milliers de chômeurs soient privés d’indemnisation ou voient leur allocation dramatiquement réduite.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud sur France Info s’est cru permis de déclarer : « Aujourd’hui, un demandeur d’emploi sur cinq gagne plus quand il est au chômage que lorsqu’il travaille, et ça, ce n’est pas logique. »

Sur BFM-TV, le député LREM du Val-de-Marne Jean-François Mbaye a surrenchéri : « Ce qui serait injuste, ce serait de rester dans le statu quo, (...) avec des gens qui ont été incités à rester dans cette forme de précarité parce qu’ils y trouvaient leur compte et que c’était beaucoup mieux que d’aller vers un emploi pérenne, vers le plein emploi. »

Pour ces gens-là, les responsables du chômage seraient donc les chômeurs eux-mêmes et, en les privant d’indemnités ou en baissant celles-ci, ils seraient, selon eux, stimulés à chercher du travail. Macron et le gouvernement actuel n’inventent rien. Comme tous les gouvernements précédents l’ont fait successivement, ils font la guerre aux chômeurs au lieu de la guerre au chômage. Le chômage n’a pas diminué. Selon les chiffres officiels, il touche, toutes catégories confondues et DOM TOM inclus, 6,5 millions de travailleurs aujourd’hui.

Il n’y a aucun rapport entre le niveau d’indemnisation des chômeurs et le chômage de masse. Celui-ci vient exclusivement de la politique du patronat, qui consiste à supprimer des emplois pour accroître ses profits en aggravant les conditions de travail. Des millions de travailleurs se trouvent donc à basculer dans la précarité, avec un travail intermittent et un salaire qui l’est tout autant. C’est ainsi que les capitalistes font payer la crise au monde du travail.

En diminuant les indemnités, la réforme actuelle va rendre la vie encore plus difficile à des centaines de milliers de chômeurs, à leurs familles, à leurs enfants, les pousser vers la misère, quand elle n’est pas déjà là. Développer sans cesse une armée de réserve sous-payée et fragilisée est une façon d’aider le patronat à exercer une pression à la baisse sur tous les salaires. Cette nouvelle attaque contre les droits à l’Assurance chômage ne permettra certainement pas aux chômeurs de sortir de la misère mais, dans les entreprises, elle contribuera à pousser vers la porte les plus anciens et les mieux payés.

Il s’agit bien d’une attaque contre l’ensemble de la classe ouvrière. Le sort indigne réservé aux chômeurs présents et à venir est bien révélateur des appétits et de l’agressivité des capitalistes et de leurs serviteurs. La question du chômage est d’abord une question de rapport de force, opposant les travailleurs, actifs ou condamnés au chômage, tous unis, aux capitalistes.

Boris SAVIN