Chômage, retraite : des bombes sociales contre tous les travailleurs

06 Novembre 2019

Avec sa réforme du chômage, le gouvernement va plonger des centaines de milliers de travailleurs supplémentaires dans la précarité et la misère. Neuf millions de pauvres sont déjà recensés dans le pays, dont 2,2 millions sont des travailleurs en activité. À ses yeux, cela ne suffisait peut-être pas !

D’après l’Unedic, le durcissement des conditions d’accès à l’indemnisation et aux droits rechargeables, ainsi que la révision du mode de calcul, vont frapper 1,3 million de personnes.

Beaucoup verront leur indemnisation s’effondrer, à commencer par les travailleurs précaires, forcés d’enchaîner les CDD, maintenus en intérim ou employés saisonniers, qui cumulent un salaire et des allocations chômage, déjà insuffisants pour boucler les fins de mois.

Pénicaud, la ministre du Travail, présente ces nouvelles règles comme « favorisant le retour à l’emploi ». Autrement dit : acculez les chômeurs et affamez-les, ils trouveront un emploi ! C’est révoltant et cynique.

Dans cette société, les gouvernants trouvent toujours de bonnes excuses aux agissements des riches, et donnent toujours tort aux travailleurs. Là, ils accusent les chômeurs de choisir de ne pas travailler et de vivoter aux crochets de la société. Comme si les allocations chômage n’étaient pas des droits que les salariés se sont payés en travaillant ! La moitié des chômeurs ne perçoivent d’ailleurs aucune indemnité.

L’intérim, les CDD, le recours ponctuel à la sous-traitance et aux temps partiels sont érigés en mode de fonctionnement dans toutes les grandes entreprises. Pour cela, le grand patronat viole ou contourne la loi depuis des dizaines d’années, et il continuera de le faire parce que c’est tout bénéfice.

Avec les contrats précaires, il dispose d’un large volant de travailleurs corvéables et malléables, qu’il peut sélectionner et jeter à sa guise. Des salariés à qui il impose les boulots les plus durs et pour lesquels il n’y a pas d’ancienneté, pas de prime d’intéressement, pas de suivi médical.

Le grand patronat et le gouvernement sont les seuls et uniques responsables de la précarité et du chômage de masse qui ravagent le pays. Sur les cinq dernières années, le groupe PSA a supprimé 30 000 emplois, La Poste plus de 20 000. Les banques, les assurances, la grande distribution, la chimie… en suppriment des milliers chaque année. Ford, General Electric, Michelin viennent de rayer 2 000 emplois de la carte. La SNCF manque de guichetiers, de conducteurs, d’agents de maintenance, de contrôleurs, mais fait disparaître 2 000 emplois par an ! Et pendant que les grands fabricants de chômage ont les mains libres, le gouvernement mène la guerre aux chômeurs, et à tous les travailleurs, car nous sommes tous des chômeurs en puissance.

Pour lui, réformer signifie casser les droits des travailleurs. Il a cassé le Code du travail, cassé l’Assurance chômage, et demain ce sera le tour des retraites, puisque sa réforme imposera de travailler plus longtemps pour une pension moindre.

La société marche sur la tête. Tout ce qui est essentiel et vital, les emplois, les salaires, les retraites, la santé, l’éducation, les transports, le logement, est assimilé à des dépenses, des coûts, des charges, qu’il faut contenir, réduire, supprimer. Tout ce qui va dans les poches d’une poignée de parasites richissimes, les bénéfices et les plus-values, doit croître encore et toujours. Alors que cet argent, issu de l’exploitation, ne sert qu’à satisfaire des caprices de riches et alimente la spéculation et les risques d’un nouveau krach !

Seuls les travailleurs, en se battant pour leurs intérêts élémentaires, peuvent faire prendre une autre voie à la société. Les cheminots qui se sont battus ces dernières semaines ont eu une réaction salutaire : celle de travailleurs qui n’acceptent plus de voir leurs conditions de vie, leurs salaires et leur sécurité sacrifiés sur l’autel de la course au rendement.

La haine déversée contre les cheminots grévistes par les porte-voix politiques et médiatiques de la bourgeoisie reflète leur crainte des travailleurs quand ils se battent. La classe capitaliste se sait à la merci des travailleurs, s’ils décidaient d’agir collectivement pour leurs intérêts. Eh bien, c’est dans cette voie qu’il faut aller !
En répondant à l’appel des syndicats à se mobiliser le 5 décembre, tous les travailleurs pourront dire « Ça suffit » et revendiquer leur droit à une existence digne.

La mobilisation et la lutte collective sont les seuls moyens pour se faire respecter en tant qu’exploités. Au-delà, elles constituent la seule possibilité de remettre en cause la domination de la classe capitaliste qui condamne toute la société.

Bulletins d’entreprise du 4 novembre