SNCF – Atelier de Noisy-le-Sec : les ouvriers du nettoyage se sont fait respecter

16 Octobre 2019

Mardi 8 octobre, dans l’atelier de maintenance SNCF de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, la vingtaine d’ouvriers de la société Laser, qui assurent le nettoyage des trains des lignes de RER E et P, se sont mis en grève contre trois licenciements.

En mai dernier, Laser avait remporté l’appel d’offres pour le nettoyage en proposant, pour un marché d’environ 40 millions d’euros, 6 millions d’euros de moins que les deux autres prestataires. L’ancienne société, Samsic, a donc perdu le marché qu’elle détenait depuis deux ans et a dû plier bagage. Si les ouvriers sont restés, comme le veut la loi, tout le matériel a été emporté par Samsic, jusqu’aux étiquettes sur les différents bidons de produits de nettoyage utilisés par les ouvriers.

Depuis trois mois, les ouvriers manquent donc de tout : gants, tenues de travail, produits, matériels, pour assurer le nettoyage des trains. Plus grave, Laser paye les salaires avec huit jours de retard, sans régler du tout certaines primes et heures supplémentaires. De plus, certains salariés ont reçu des menaces. L’un d’entre eux a été convoqué pour un entretien disciplinaire, pour avoir parlé avec les cheminots !

Mardi 8 octobre, trois ouvriers dont les primes n’avaient pas été payées, et à qui on n’avait pas fourni le matériel de protection adéquat, ont refusé de nettoyer le dessous d’une rame qui avait heurté un sanglier ; c’est un travail pénible, avec un karcher et dans une fosse. La responsable de la société leur a alors signifié qu’ils étaient licenciés sur-le-champ, une décision prise par le patron de l’entreprise… à Marseille !

C’était sans compter sur la réaction des ouvriers. La vingtaine de présents ce jour-là sur le site de Noisy se sont rassemblés, pendant qu’un délégué CGT prévenait les ouvriers des différents chantiers du secteur de Paris-Est, dont Noisy-le-Sec dépend. Sur tous les chantiers, le travail a cessé. La responsable a dû alors reculer sur les licenciements. Les ouvriers l’ont obligée à s’engager par écrit à rembourser par virement les primes et les heures non payées depuis trois mois ; et ce au plus tard mardi 15, sinon la grève reprendrait.

La grève et la solidarité ont payé. C’est une bonne leçon infligée à Laser et à sa complice, le donneur d’ordres, la direction de la SNCF.

Correspondant LO