Loi alimentation : la grande arnaque

16 Octobre 2019

Il y a deux ans, Emmanuel Macron a réuni pendant des mois, dans le cadre des états généraux de l’alimentation, les organisations patronales de l’industrie et de la grande distribution avec les représentants du monde agricole et des associations de consommateurs.

L’objectif proclamé était d’établir une loi qui permette de mieux rémunérer les agriculteurs. La loi est en vigueur depuis octobre 2018. Et son résultat est à l’exact inverse.

Dans une étude, l’association de consommateurs UFC Que choisir révèle que, non seulement il n’y a pas eu de rééquilibrage des revenus en faveur des agriculteurs, mais que la grande distribution et les industriels ont continué à faire du gras à leur détriment et à celui des consommateurs.

Ainsi, depuis février 2019, les prix ont augmenté de 10 % sur certaines références les plus vendues dans les hypermarchés, comme le beurre, le poisson et la viande, sans que cela améliore pour autant le revenu des producteurs. En effet, même s’ils touchent plus, le prix de la viande payé aux éleveurs reste 14 % inférieur à son prix de production.

Pour ne prendre qu’un exemple : avec une augmentation constatée de 36 centimes au kilo sur le poulet, on constate que 9 centimes vont à l’éleveur et 25 à la grande distribution. Lors d’une conférence de presse, l’association UFC Que choisir a illustré sa dénonciation en affichant trois chèques à l’ordre de Carrefour, Leclerc et Auchan, pour des montants allant de 260 à 392 millions d’euros. C’est en effet le montant des marges réalisées par les trois enseignes depuis et grâce à la loi alimentation.

Entre autres revendications, l’UFC et la Confédération paysanne demandent au gouvernement d’instaurer « la transparence totale sur les marges des industriels et de la grande distribution ». Elle ne viendra certainement pas de lui, et il faudra la mobilisation des travailleurs, producteurs des villes et des champs, et des consommateurs pour l’imposer.

Philippe Logier