Inégalités hommes-femmes : la double peine

16 Octobre 2019

L’Insee vient de publier une étude sur l’incidence de la venue d’un ou plusieurs enfants sur les salaires de leurs parents lorsqu’ils travaillent dans le secteur privé.

Les conclusions de l’étude, qui porte sur les cinq années qui suivent une naissance, sont sans appel : en général, avoir un enfant fait baisser le salaire des mères (mais pas des pères), et de façon d’autant plus importante qu’elles sont mal payées.

Selon l’Insee, cinq ans après une naissance, la perte de revenu d’une salariée est en moyenne de 25 % par rapport à ce qu’elle aurait touché sans avoir d’enfant, de 50 % après une seconde naissance, et même de 57 % s’il y en a une troisième.

Mais il s’agit là de moyennes. En fait, les salariées les mieux rémunérées ne subissent guère de perte de revenu en cas de maternité. À l’autre bout de l’échelle salariale, les travailleuses les plus mal payées voient leur revenu chuter de 38 % dès le premier enfant.

Cela s’explique bien sûr par le fait que, malgré tous les discours sur l’égalité hommes-femmes et les mesures censées promouvoir le congé paternité, les salaires des femmes restent de 25 % inférieurs en moyenne à ceux de leurs collègues masculins, à poste et qualification comparables. Alors, lorsque survient un enfant, c’est le plus souvent la femme qui s’arrête ou qui prend un travail à temps partiel. Et c’est d’autant plus fréquent que son salaire couvrirait à peine les frais de garde de l’enfant si elle gardait son emploi.

Les données chiffrées de l’Insee soulignent un aspect de l’inégalité hommes-femmes au travail : la double peine infligée aux mères qui ont les plus bas salaires.

Pierre LAFFITTE