États-Unis : s’éclairer à la bougie en Californie

16 Octobre 2019

En Californie, afin de ne pas prendre le risque d’être désignées comme coupables de déclenchement des incendies, les compagnies de fourniture d’électricité ont décidé de couper l’électricité, parfois pour plusieurs jours.

C’est ainsi que PG&E, la plus importante d’entre elles, a privé d’électricité plus de deux millions d’habitants.

PG&E est sur la sellette depuis les gigantesques incendies qui avaient ravagé la Californie en octobre-novembre 2018. Le plus meurtrier d’entre eux avait quasiment rasé la ville de Paradise, comptant 20 000 habitants, causant près de 100 morts. Pour ne pas payer ce que les nombreux procès risquent de lui coûter, PG&E s’est déclaré en banqueroute en janvier dernier.

Pour éviter les départs de feu, il faudrait remplacer les vieux poteaux en bois qui pourrissent, débroussailler autour des lignes, élaguer les arbres alentour. Un porte-parole de PG&E, lors d’un récent procès, s’est défendu en déclarant que pour réaliser les travaux de sécurisation, il faudrait débourser entre 75 et 150 milliards de dollars (entre 65 et 135 milliards d’euros) et embaucher 650 000 ouvriers. Depuis des dizaines d’années, les patrons de PG&E accumulent les profits sans pour autant faire les travaux nécessaires pour l’entretien du réseau. Et lorsque les prévisions météo annoncent un temps particulièrement sec et venteux, ils coupent le courant dans les régions les plus à risque.

Cela entraîne bien des problèmes, y compris pour lutter contre les incendies et leurs conséquences. Sans électricité, plus de téléphone, ce qui empêche de communiquer rapidement des alertes pour évacuation ; plus de feux tricolores, ce qui peut causer des embouteillages risquant de bloquer les secours et les pompiers, et gêner l’évacuation des populations. Et c’est sans compter avec les problèmes quotidiens plus ou moins critiques comme le chauffage, les appareils médicaux, les stations-service. C’est le retour à l’âge de pierre ou à la débrouille.

Les États-Unis constituent le pays le plus riche de la planète, et la Californie y abrite les secteurs d’activité les plus en pointe, une sorte de vitrine à la pointe du capitalisme du 21e siècle et de son parasitisme.

Jacques LEQUAY