Une convention qui ne décidera rien

09 Octobre 2019

Le gouvernement a lancé, à grand renfort de trompettes médiatiques, la « convention citoyenne pour le climat », avec 150 personnes tirées au sort. Sous couvert d’exercice démocratique innovant, il espère qu’elle lui servira de paravent peint en vert, comme c’est la mode.

Avec cette convention citoyenne, le gouvernement espère bien faire porter à d’autres la responsabilité de mesures d’autant plus impopulaires qu’elles ont toutes les chances d’épargner la bourgeoisie, qui pourtant contrôle l’économie, en profite, et porte la responsabilité du dérèglement climatique.

Ces 150 citoyens, censés proposer au gouvernement des mesures visant à réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre en France d’ici 2030, se méfient des tours de passe-passe habituels des gouvernants. Ils ont obtenu que leurs débats soient filmés et mis en ligne. Mais le gouvernement garde la main : ainsi un groupe de travail de cette convention porte sur la consommation, concept permettant de mettre en accusation toute la population et de la faire payer. Par contre, aucun n’a comme thème la production : le patronat ne sera pas mis en accusation.

Questionnant le Premier ministre sur le devenir de leurs propositions, ces citoyens se sont entendu répondre : « Je ne peux pas vous promettre que toutes vos propositions vont être appliquées. » Des mesures inoffensives pourraient être mises en œuvre par décret, voire par référendum. Mais Macron a expliqué qu’il présenterait les autres « sans filtre » au Parlement, où il garde la main sur la majorité macroniste, lui permettant d’écarter aisément celles qui pourraient coûter à la bourgeoisie.

Alors, même si cette convention émet des idées, elle n’aura de toute façon aucun pouvoir, sinon celui de permettre au gouvernement de faire quelques discours pour afficher ses prétendues préoccupations écologiques.

Lucien DÉTROIT