Solvay – Saint-Fons : grève pour des embauches

09 Octobre 2019

Une grande majorité des techniciens qui analysent les produits sur l’usine Solvay de Saint-Fons, dans le Rhône, se sont mis en grève le 30 septembre et le 1er octobre pour revendiquer des embauches.

L’usine Solvay fabrique une multitude de produits chimiques qui sont analysés sur place, mais il y a également des produits faits à façon chez d’autres fabricants, dont les analyses sont faites sur le site. Depuis plusieurs années, la charge de travail ne cesse d’augmenter, ainsi que le nombre de salariés précaires qui occupent de fait des postes nécessaires en permanence. La dizaine de techniciens embauchés au Contrôle analytique ont formé ces dernières années une cinquantaine d’intérimaires et d’alternants, qui ensuite sont mis dehors et remplacés par d’autres arrivants à former.

En juin dernier, la quasi-totalité des techniciens du labo avaient remis à la direction un cahier de revendications pour exiger deux embauches. La direction a alors accordé un intérimaire de plus, ce qui n’a fait qu’attiser la colère : rajouter de la précarité à la précarité ne passait plus.

Neuf techniciens Solvay sur dix ont donc décidé de se mettre en grève le lundi 30 septembre. Ils ont profité de la journée pour faire le tour des services et des ateliers, pour discuter et populariser leur mouvement. Ils ont reconduit la grève pour le lendemain et ont fait signer une pétition devant l’usine, qui a rencontré un petit succès, avec des encouragements.

Pour justifier son refus d’embaucher, et alors que les records de production s’enchaînent chaque année, la direction affirme sans rire qu’elle n’a pas de visibilité sur l’activité de l’usine. La visibilité est toutefois suffisante pour verser 390 millions d’euros aux actionnaires de Solvay !

Conscients qu’ils ne peuvent pas, à eux seuls, faire plier la direction, mais contents de s’être fait entendre et d’avoir gagné la sympathie d’une majorité de travailleurs de l’usine, les techniciens du laboratoire ont suspendu leur mouvement. Rien n’est réglé, mais le fait d’avoir osé revendiquer et faire grève est un encouragement pour beaucoup !

Correspondant LO