Nos lecteurs écrivent De l’égalité des enfants

09 Octobre 2019

Au matin du 31 août, en lisant Le Parisien, un article retient particulièrement mon attention. Il est écrit, sans autre précision, qu’à partir du 1er septembre les enfants de 4 à 11 ans bénéficieront de la gratuité des transports à Paris.

Le lendemain, en me renseignant auprès du guichet RATP, j’apprends que cette mesure ne concerne que les petits Parisiens. À l’heure d’un combat pour l’égalité des chances, cela me semble plus que désolant.

Et ce n’est pas tout. Il y a un second bémol : la gratuité est bien proposée aux enfants de 4 à 11 ans, mais les parents doivent souscrire un abonnement par enfant, de 350 euros annuels, puis se faire rembourser par la mairie de Paris. Là encore, les conditions d’égalité ne sont guère respectées. Les familles défavorisées et/ou nombreuses pourront-elles vraiment avancer de telles sommes ?

En approfondissant, on découvre que la mesure concerne plus précisément les enfants scolarisés à Paris. Les enfants de banlieue scolarisés dans les écoles privées parisiennes peuvent donc en bénéficier ? De plus, les familles, après avoir souscrit l’abonnement au Navigo de leur enfant, doivent télécharger le document qui permet d’accéder au remboursement, qui aura lieu dans un délai de deux mois. Là encore, la fracture sociale s’amplifie. Il faut donc avoir accès à Internet et pouvoir avancer, pendant au moins deux mois, 35 euros mensuels par enfant bénéficiaire.

Mme Hidalgo précise que ses motivations sont d’ordre écologique et que les familles parisiennes libérées de la nécessité de prendre la voiture par la gratuité des transports, cela aura des conséquences directes sur la pollution. Il est vrai que les enfants de 4 à 11 ans sont souvent scolarisés loin de leur domicile et que la plupart des familles parisiennes se déplacent systématiquement en voiture. En ce qui concerne les banlieusards, ils semblent moins sensibles à la pollution, ou moins mobiles…

Les enfants de banlieue seront donc privés des offres touristiques et culturelles de la capitale, à moins que l’école ou les parents ne financent leur déplacement. À chacun sa place ?

Stéphanie V. – Bagnolet