Sites Seveso : de moins en moins contrôlés

02 Octobre 2019

Il y a, dans le pays, plus de 1 300 sites classés Seveso, du nom d’une usine italienne ayant causé un grave accident, dont 705 à risque élevé. Beaucoup sont construits au centre ou à la lisière d’agglomérations.

C’est dangereux, comme l’ont montré l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en 2001 et aujourd’hui l’accident chimique à l’usine Lubrizol à Rouen.

Pourtant, le gouvernement fait tout pour alléger les contrôles. En 2018, la loi dite « Pour un État au service d’une société de confiance » a décidé de simplifier ceux-ci. Le préfet peut décider seul quand il s’agit d’une simple modification des installations déjà existantes, et non d’une création, sans même demander une évaluation environnementale comme auparavant. Le site Actu environnement révèle ainsi que l’usine Lubrizol aurait demandé à deux reprises cette année d’augmenter ses capacités de stockage, ce qui lui a été accordé.

À ces modifications de la loi s’ajoute la baisse des moyens de contrôle. Le nombre d’inspecteurs diminue. Il n’y a eu que 18 000 inspections en 2018, contre 30 000 en 2016. Et, sur 2 100 arrêtés de mise en demeure pris par les préfets, seulement 20 % ont entraîné des sanctions administratives.

Les patrons pollueurs voient leur avenir s’éclaircir. Mais les salariés et les riverains ont bien raison de s’inquiéter.

D.M.