PSA – Poissy : une équipe, des mensonges

02 Octobre 2019

À l’usine PSA de Poissy, 3 300 travailleurs dont plus de 500 intérimaires fabriquent la DS3 Crossback et l’ancienne 208 destinée à l’exportation hors Europe. Depuis juillet, la direction emploie les grands moyens pour tenter de convaincre les travailleurs en CDI de partir dans le cadre du plan de départs volontaires, en clair d’accepter de se licencier volontairement. Elle n’arrive pas à convaincre malgré ses pleurs sur des prétendues difficultés financières.

Elle a essayé de dramatiser la situation du groupe PSA, alors que tout le monde sait que les actionnaires sont riches à milliards. Puis, elle a annoncé comme une conséquence directe de cette situation, le démantèlement de l’équipe de nuit, prévu depuis cinq ans, mais repoussé régulièrement car les voitures se vendaient comme des petits pains. La conséquence de la suspension de l’équipe de nuit est le licenciement des 500 travailleurs intérimaires. Pour renforcer l’inquiétude causée par ces licenciements, la direction a fait courir la rumeur puis a annoncé officiellement que l’usine passerait en une seule équipe en février 2020. Mais elle n’arrive pas à cacher le caractère provisoire de cette situation. En effet, dès 2021, l’usine est destinée à fabriquer un nouveau modèle Opel et il y aura donc du travail par-dessus la tête.

Puisque les travailleurs ne se précipitent toujours pas dans les structures mises en place par la direction pour les renseigner sur les modalités de départ, elle a organisé – sur le temps de travail – des rendez-vous collectifs où tous les salariés sont allés. Cela faisait une heure de moins sur la chaîne… Dans ces entretiens collectifs, les travailleurs ont naturellement posé leurs questions pleines de sens : « Qu’est-ce que je peux espérer trouver comme boulot à 50 ans ? Esquinté comme je suis par le travail en chaîne, quel est le patron qui va vouloir de moi ? » Questions restées bien sûr sans réponses.

Espérant motiver les salariés, la direction a envoyé au domicile de chacun un courrier avec le calcul individualisé du montant auquel il aurait droit s’il décidait de partir. Pour un ouvrier avec 24 ans d’ancienneté et un salaire de 2 000 euros brut, cela fait environ 49 000 euros net. Beaucoup de travailleurs ont comparé leur somme et cela les a encore plus convaincus de ne pas partir. Les sommes ont été jugées très faibles. Étant donné les six millions de chômeurs, la baisse des indemnités chômage et le durcissement des contrôles des chômeurs, les travailleurs dans leur écrasante majorité ne sont pas décidés à vendre leur CDI pour tenter l’aventure.

L’objectif de toute cette propagande de la direction est simplement de tenter de vider l’usine des travailleurs en CDI pour ensuite remonter des équipes de production composées majoritairement de travailleurs intérimaires.

Les milliards d’euros de profit accumulés par PSA, deux milliards rien que pour le premier semestre 2019, doivent servir à maintenir tous les emplois, CDI comme intérimaires.

Correspondant LO