Maternité de Tourcoing : allez accoucher ailleurs !

02 Octobre 2019

Depuis le 25 septembre, faute de gynécologues, il n’y a plus d’accouchements à la maternité de l’hôpital Dron à Tourcoing, dans le Nord. C’est pourtant une grosse maternité, qui réalisait 1 700 accouchements par an.

Les futures mamans doivent aller accoucher ailleurs, mais les maternités les plus proches, celles de Roubaix et Lille, sont déjà très saturées : le personnel y est déjà notoirement insuffisant. La maternité de Lille vient d’ailleurs d’être obligée de supprimer la moitié des lits de Gynécologie pour accueillir les mamans.

La direction du centre hospitalier de Tourcoing se veut rassurante, elle dit que « c’est temporaire », mais en fait, elle n’en sait rien. En tout cas, depuis le 26 septembre, du matériel, des lits quittent la maternité de Tourcoing pour celle de Roubaix, et une bonne partie des sages-femmes, infirmières et auxiliaires de puériculture partent travailler à Roubaix pour pallier le surcroît de travail, comme le dit la direction.

Le personnel de la maternité a, dans un premier temps, été un peu abasourdi par cette fermeture. Mais les langues commencent à se délier et un nombre important de travailleurs commencent à se réunir et parlent de s’organiser pour se défendre.

Pourquoi en est-on arrivé là ? Un obstétricien le disait à La Voix du Nord : « C’est une grosse catastrophe qui était annoncée depuis un moment », car la situation est désastreuse dans la plupart des maternités de la région et même du pays. Pour se dédouaner, l’Agence régionale de santé dit qu’il manque des médecins obstétriciens. Évidemment, on ne les a pas formés !

Mais il y a pourtant des sages-femmes formées, des infirmières qui sortent des écoles, on peut former des aides-soignants, et pourtant tout ce personnel est aussi en nombre notoirement insuffisant dans les maternités.

Cette situation est en fait le résultat de la politique d’économies menée par les différents gouvernements, de gauche et de droite, qui se sont succédé, et que le gouvernement Macron a accentuée.

Les travailleurs des maternités et des hôpitaux, et l’ensemble de la population, en paient aujourd’hui les conséquences.

Correspondant LO