Les bonnes affaires

02 Octobre 2019

Toute la carrière de Chirac fut marquée par les « affaires », en commençant par l’acquisition d’un château, en Corrèze, obtenu en profitant des conditions fiscales avantageuses consenties aux propriétaires de bâtiments classés.

Avec son élection à la mairie de Paris en 1977, il mettait la main sur un budget de sept milliards de francs. De quoi mener grand train – ce dont Chirac ne s’est pas privé – et organiser un système d’emplois fictifs pour de nombreux obligés et cadres du RPR.

C’était aussi le poste rêvé pour les faire bénéficier d’appartements bon marché grâce à l’OPAC, l’office HLM de la ville, et se constituer une clientèle très étendue, et pour faire financer le RPR par de nombreuses entreprises, sous couvert de leur activité auprès dudit office.

Le RPR de Chirac fut aussi l’organisateur et le principal bénéficiaire du cartel clandestin mis en place avec le PS, le PCF et le Parti républicain en Île-de-France. Entre 1988 et 1997, celui-ci s’est partagé 2 % de l’argent prévu pour la rénovation des lycées de la région, au prorata de la représentation de chacun à l’Assemblée nationale.

Et c’est sans compter les valises de billets en provenance du Gabon ou du Zaïre, via les réseaux du pétrolier Elf, qui finançaient les campagnes électorales.

Quelques juges plus acharnés que d’autres ont réussi, après des années et bien des difficultés, voire des menaces, à démêler une part de la réalité de ces affaires, et à en faire condamner certains protagonistes. Chirac, quant à lui, est passé à travers les mailles du filet, bénéficiant de l’immunité présidentielle pendant douze ans et n’effectuant jamais un jour de prison. De quoi faire rêver Balkany.

J.L.G.