États-Unis : Troisième semaine de grève chez General Motors

02 Octobre 2019

Le bras de fer entre la direction de General Motors et les grévistes se poursuit, alors que les négociations piétinent.

La direction a tenté un coup de force dès le deuxième jour de la grève en annonçant qu’elle résiliait les contrats d’assurance maladie de tous les grévistes. Cela n’a fait que renforcer la colère et le nombre des grévistes, tant et si bien qu’elle a été obligée de renoncer publiquement à ses menaces.

La grève, qui concerne l’ensemble des 46 000 salariés de GM, est bien suivie et des milliers de travailleurs, fournisseurs ou sous-traitants ont déjà été mis en chômage. Quant aux Teamsters, le syndicat des camionneurs, il a annoncé dès le début de la grève qu’il ne ferait aucun transport pour GM.

La grève est populaire et la solidarité s’organise autour des piquets. Des habitants, des retraités de l’entreprise, des travailleurs d’autres entreprises viennent apporter leur soutien moral et matériel. Des groupes de travailleurs de Ford ou de Fiat-Chrysler rendent visite aux grévistes sur les piquets. Il faut dire que le résultat de la grève de GM aura des conséquences directes sur les travailleurs de Ford et de Fiat-Chrysler, dont les contrats doivent être renégociés dans la foulée.

Mais l’UAW, le syndicat des travailleurs de l’automobile qui a lancé la grève sur l’ensemble de GM, met les travailleurs des deux autres grandes entreprises de l’automobile en attente. Il ne veut manifestement pas d’une grève générale des « trois grands », qui serait une déclaration de guerre à toute la bourgeoisie et pourrait devenir une véritable offensive du monde du travail contre les reculs incessants qui lui ont été imposés depuis plus de quarante ans !

Dans l’automobile, les patrons, avec la complicité des dirigeants syndicaux, ont supprimé l’indexation des salaires sur les prix, alors qu’il y avait une forte inflation ; ils ont divisé par deux la paye des nouveaux embauchés pour le même travail ; ils ont supprimé les protections contre les périodes de chômage ou de diminution des heures travaillées ; ils ont imposé des heures supplémentaires qui ont remplacé les week-ends, tout en diminuant le paiement de ces heures. Les effectifs des usines ont fondu, pendant que les profits des actionnaires s’envolaient.

Cette fois, la grève est bien partie et les travailleurs ne veulent pas lâcher. L’enjeu de la grève est tel que le sort de l’ensemble des travailleurs des trois grands constructeurs en dépend. Et si les travailleurs de Ford et de Chrysler viennent soutenir leurs camarades grévistes, c’est bien qu’ils sentent qu’ils auraient tout intérêt à ne pas attendre en spectateurs les résultats du match.

Dominique CHABLIS