Électricité : vers une nouvelle hausse

02 Octobre 2019

Une hausse de l’électricité de 3,5 à 4 % serait envisagée au 1er janvier 2020. Déjà deux hausses ont eu lieu cette année, la première en juin, de 5,9 %, la seconde en août, de 1,23 %. Dans tous les cas, ces augmentations, passées comme à venir, sont injustifiées.

À chaque fois, les autorités viennent nous expliquer qu’il faut faire des travaux sur les centrales, sur le réseau, etc. Mais à chaque fois ce sont des faux-semblants. Des travaux nécessaires, il y en a, bien entendu. Mais ils n’empêchent pas les bénéfices d’EDF de rester copieux, avec près de 2,5 milliards d’euros rien qu’au premier semestre 2019. Et cela malgré le gouffre financier de l’EPR !

En réalité, et ce fait avait déjà été dénoncé par les associations de consommateurs, et même par l’officielle Autorité de la concurrence, la hausse du mois de juin était due en grande partie à la volonté de maintenir des tarifs élevés qui permettent à des opérateurs alternatifs, concurrents d’EDF, de se maintenir sur le marché. Ces fournisseurs sont de plus en plus nombreux : plus d’une trentaine actuellement, c’est dire à quel point l’affaire est rentable. À quelques exceptions près, ils ne produisent absolument pas d’électricité. Ils rachètent à un prix intéressant le quart de la production nucléaire d’EDF et la revendent ensuite, en réalisant une excellente opération commerciale.

Ces fournisseurs alternatifs sont de purs parasites, qui s’engraissent en faisant payer les usagers. Selon l’Insee et les associations de consommateurs, l’électricité a augmenté d’environ 50 % depuis 2007. On nous avait pourtant promis que la concurrence ferait baisser les prix. Cela s’est révélé un énorme mensonge.

Non seulement les concurrents alternatifs d’EDF y gagnent, dans cette affaire, mais EDF également, car l’augmentation des tarifs lui rapporte aussi. Et l’État y gagne aussi, car une large part du prix de l’électricité est représentée par des taxes, qui augmentent avec les tarifs.

Dans tout cela, les usagers sont lésés au profit de margoulins, avec la complicité de l’État.

André VICTOR