Procès Mélenchon : la police fait la loi

25 Septembre 2019

Jean-Luc Mélenchon et cinq cadres de La France insoumise (LFI) comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Bobigny jeudi 19 et vendredi 20 septembre.

Accusés d’actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation, ils risquent des amendes, ainsi que trois mois de prison avec sursis pour le dirigeant des Insoumis. Le délibéré sera rendu le 9 décembre.

En octobre 2018, dans le cadre d’une enquête portant à la fois sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017 et sur des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen, des perquisitions ont été effectuées dans les locaux parisiens de LFI et au domicile de son dirigeant. Cette opération dans quinze lieux différents, qui a mobilisé une centaine de policiers, avait un caractère exceptionnel pour une affaire de ce type et ressemblait davantage à celles qui ont cours contre le grand banditisme. Elle a motivé l’indignation de Mélenchon face à ce déploiement de forces. Aucun autre mouvement politique n’avait eu droit à un tel traitement, ni le Rassemblement national visé par le même type d’enquête, et encore moins celui de Macron, alors que des irrégularités avaient aussi été relevées dans ses comptes de campagne.

Mélenchon a protesté avec véhémence contre l’intrusion de la police dans les locaux de LFI, et c’est ce qui lui était reproché dans ce procès. Mais bien des militants politiques ou syndicaux, des gilets jaunes ou de simples individus ont été confrontés à une intervention policière et ont eu l’occasion de vérifier que, quelles que soient les circonstances, il est interdit de se rebiffer, voire même de demander des comptes à la police, sous peine d’être accusé de rébellion. Dans la république dont Mélenchon lui-même ne manque jamais de se réclamer, la loi est celle de la police.

Boris SAVIN