Migrants : un accord qui ne change rien

25 Septembre 2019

Quatre pays européens, la France, l’Italie, Malte et l’Allemagne, ont conclu lundi 23 septembre à Malte un accord sur la répartition des migrants ayant réussi à traverser la Méditerranée centrale.

Les préoccupations humanitaires ne sont pas le principal ressort des signataires, et en particulier de Macron. Celui-ci a vu là une occasion de sceller son entente avec les nouveaux dirigeants italiens, qu’il était venu rencontrer le mercredi précédent.

Ce texte sera proposé aux autres pays de l’Union européenne. Il prévoit que les migrants qui demandent l’asile seront répartis selon des quotas fixés à l’avance entre les pays signataires. Le scénario de navires tournant en Méditerranée en attendant qu’un port s’ouvre à eux serait ainsi évité, ainsi que les négociations à chaque nouvelle arrivée pour répartir quelques dizaines de survivants. Mais la porte de l’Europe restera toujours bouclée pour ceux qui cherchent à fuir la misère et la guerre, car il n’est pas question de remettre en cause la collaboration avec les gardes-côtes libyens pour intercepter les embarcations des migrants et remettre leurs passagers entre les mains des milices qui font la loi en Libye.

Il ne s’agit pas non plus de laisser les mains libres aux ONG. L’accord prévoit au contraire de les contrôler plus strictement, par exemple en interdisant à leurs navires d’émettre des signaux lumineux pour guider vers eux les canots en perdition. C’est cela que le ministre de l’Intérieur français Christophe Castaner appelle « agir pour sauver des vies humaines ».

Il est de toute façon prévu que l’accord ne soit valable que pour six mois, et puisse même être révoqué en cas d’afflux trop important des migrants. La délégation française a quant à elle obstinément refusé l’idée d’une rotation des ports d’accueil entre les quatre pays, en permettant par exemple aux migrants d’accoster en France. Comme l’a martelé Castaner, il ne s’agit pas de « susciter une nouvelle porte d’entrée en Europe ».

Macron, qui veut durcir les conditions de séjour des immigrés à Paris, ne veut en aucun cas faciliter l’arrivée de migrants en Europe.

Daniel MESCLA