Liban : un projet de barrage contesté

25 Septembre 2019

Dans une vallée du Sud-Liban, la vallée de Bisri, les autorités veulent construire un barrage pour créer une retenue d’eau potable afin d’alimenter la capitale, Beyrouth.

Des habitants de la vallée s’opposent à ce projet dont ils craignent les conséquences pour leurs conditions de vie, le barrage devant être construit sur une faille sismique.

Dans ce pays où le confessionnalisme joue un rôle majeur dans la vie politique, la population n’a rien à attendre des représentants des différentes communautés, druze, chrétienne, sunnite et chiite, qui voient là une manne financière non négligeable et soutiennent donc le projet. Celui-ci va engloutir près de 1,2 milliard de dollars empruntés en partie à la Banque mondiale, que la population devra rembourser, alors qu’une part de cet argent aurait déjà commencé à être détournée par des responsables politiques véreux.

Dans cette région historiquement soumise à d’importants tremblements de terre, la rivière qui alimentera le barrage ne fournit pas assez d’eau pour le remplir convenablement, avec 80 millions de m3 dans les bonnes années pour 125 millions nécessaires. La crainte des habitants de la région de Saïda est de voir la région asséchée alors que les problèmes d’eau sont déjà récurrents.

Un cabinet allemand a estimé qu’à Beyrouth 50 % de l’eau est perdue du fait du mauvais état du réseau domestique. Si le taux de perte était ramené au-dessous de 30 %, comme dans la plupart des villes occidentales, il n’y aurait pas besoin d’un nouveau barrage. Quelques habitants tentent de se faire entendre et d’en entraîner d’autres dans cette lutte sur un sujet vital, celui de l’eau, qui dépasse les divisions artificielles entretenues par un système politique basé sur le communautarisme.

Cédric Neiman