France gardiennage – Roissy : la loi Macron, c’est bon pour les patrons

25 Septembre 2019

À l’aéroport de Roissy, les patrons cherchent comment faire travailler plus les salariés, sans embaucher ni augmenter les salaires.

La loi permet désormais d’obtenir des accords d’entreprise inférieurs au Code du travail et aux conventions collectives. C’est ce qui s’est fait dans une entreprise de sécurité, France gardiennage, qui vient d’obtenir la signature de toutes les organisations syndicales pour un accord bien pourri sur le temps de travail.

Dans la sécurité, la convention collective prévoit déjà des journées de 12 heures. Elle prévoit aussi que, par dérogation, le patron puisse faire faire 329 heures supplémentaires à l’année, au lieu de 220. Désormais, chez France gardiennage, cela pourra aller jusqu’à 420 heures. Et la semaine de travail pourra désormais aller jusqu’à 60 heures, au lieu de 48 précédemment, ces heures supplémentaires étant effectuées surtout les jours de repos.

Pour avoir une paie plus élevée, les salariés acceptaient déjà de faire des heures supplémentaires. En signant cet accord, les syndicats ne les encouragent pas à réclamer l’augmentation des salaires ou l’embauche des chômeurs. Car France gardiennage, constamment en sous-effectif, préfère faire faire des heures supplémentaires que d’embaucher.

Ces heures seront calculées et payées chaque trimestre. Ainsi, la flexibilité et les heures supplémentaires augmentent, au nom de l’adaptation constante aux besoins des clients. Les journées de travail dans le gardiennage sont déjà trop longues et les chômeurs trop nombreux, mais cet accord prétend rechercher « le mieux-disant social, marqueur de la société ». Qu’est-ce que ce serait, sinon !

Correspondant LO