Ventes d’armes : les assassins et leur ministre

18 Septembre 2019

Depuis le 16 septembre, des vidéos montrant des navires de guerre saoudiens, mais de fabrication française, lors d’opérations de blocus du Yémen, sont disponibles sur Internet.

Le site Disclose, qui a trouvé et publié ces images, précise en outre que Naval Group et Thales, marchands de canons tricolores, assurent toujours la maintenance des navires et équipements vendus à l’Arabie saoudite et aux Émirats, y compris de ceux qui sont engagés au Yémen.

La coalition menée par l’Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis et leurs alliés traditionnels tente de faire plier ses adversaires au Yémen en affamant le pays, en bombardant ses infrastructures y compris écoles, hôpitaux, marchés populaires, en laissant s’installer famine et épidémies pour des millions de Yéménites.

Elle a pour cela recours à un blocus maritime, mettant en œuvre toute sa flotte, dont une bonne partie sort des arsenaux français.

L’Arabie saoudite et les Émirats sont parmi les plus gros clients des industriels français de l’armement et il faut vraiment être ministre de la Défense pour ne pas voir que ces armes sont utilisées.

Florence Parly, la titulaire du poste, déclarait en effet cet été avoir la certitude que les armes françaises n’étaient pas utilisées contre les civils et ce pour une raison simple : c’est interdit par les lois internationales, des lois que bien entendu la France et ses clients respectent.

En vertu de quoi la ministre ajoutait que les contrats avec l’Arabie saoudite seraient honorés, que d’autres seraient signés et que, par ailleurs, la France ferait tout ce qu’elle pourrait pour que la guerre au Yémen s’arrête et que les convois humanitaires puissent passer.

Elle avait conclu son intervention en se défendant d’être lobbyiste pour le compte de l’industrie de l’armement.

Comment faut-il donc la qualifier ?

Paul GALOIS