Urgences : Buzyn noie toujours le poisson

18 Septembre 2019

Face à la crise des Urgences, « j’ai décidé d’accélérer », a déclaré Agnès Buzyn, le 17 septembre sur Europe 1. Et son accélération décoiffe : la ministre va créer... trois groupes de travail.

Un premier groupe sur les lits d’aval où placer les patients après leur passage aux Urgences ; un autre sur les compétences – sutures, prescriptions d’examens – à transférer aux infirmiers ou aux aides-soignants ; et un sur le SAS, le service d’accès aux soins prévu pour l’été 2020, une plateforme téléphonique chargée 24 h/24 d’orienter les malades vers un professionnel de santé public ou privé.

Rien donc sur les 300 euros d’augmentation demandés, ni sur l’embauche massive de personnel, ni contre l’étranglement financier des hôpitaux, ni pour le matériel...

Buzyn délaye simplement les mensonges du plan annoncé le 9 septembre. Ses 750 millions sur cinq ans, déjà dérisoires puisque inférieurs au déficit budgétaire des hôpitaux de la seule année 2018, sont de toute façon pris sur d’autres budgets de l’hôpital public. Et donc ses prétendues embauches aux Urgences, puisque c’est à budget général constant, se feront au détriment d’autres services. Quant au transfert de compétences de médecins débordés à des paramédicaux débordés eux aussi, ça ne remplacera pas des formations professionnelles internes rémunérées, dont le budget est au plus bas, ni le rétablissement du salaire des élèves infirmières supprimé il y a des années.

Le plan Buzyn fait flop. Il a même poussé des médecins urgentistes à rejoindre le mouvement, qui touche toujours plus de la moitié des services d’urgence du pays.

Pierre LEMAIRE