PCF : le retour de l’Union de la gauche

18 Septembre 2019

Le succès populaire de la fête de l’Humanité, les 13, 14 et 15 septembre, a une nouvelle fois montré que le PCF organisait des milliers de militants dévoués, présents dans nombre de quartiers et villes ouvrières de ce pays, capables de rassembler des centaines de milliers de travailleurs. Mais ces dirigeants ont, une nouvelle fois également, montré le peu de perspectives qu’ils ont à offrir aux militants et, plus généralement, aux classes populaires.

Passés les discours ronflants repeints en vert, les jeux de mots plus ou moins heureux, le distinguo entre « programme commun et programme en commun », il reste l’appel à l’union des partis politiques de gauche et écologistes pour gagner les élections. Fabien Roussel, le secrétaire national, peut bien avancer les revendications les plus nécessaires aux travailleurs, les propositions d’impôt sur le capital les plus radicales en apparence, ce ne sont que des mots puisque leur concrétisation dépendra du bon vouloir d’un éventuel gouvernement de gauche. Or, de Mitterrand à Hollande en passant par Jospin, les gouvernements de gauche, avec ou sans ministres PCF, ont été des gouvernements de combat contre les travailleurs. Les militants du PCF sont payés pour le savoir : c’est en faisant élire, puis en appuyant ou en ne combattant pas ces gouvernements qu’ils ont usé leur crédit dans la classe ouvrière.

Le seul et éternel argument des dirigeants du PCF est que l’unité des partis de gauche conditionne la victoire électorale contre la droite et l’extrême droite, avec la conservation des municipalités en mars 2020 comme première étape. Cette plate arithmétique électoraliste n’a pas empêché le PCF de perdre la plus grande partie de ces positions et de ses élus depuis trente ans. De plus, la gauche unie et au gouvernement n’a pas été un rempart mais un combustible pour l’extrême droite.

Fabien Roussel a certes beau jeu de dénoncer Macron. Mais qui peut croire que la gauche revenue au gouvernement déferait les mesures prises aujourd’hui contre les retraites, le droit du travail, les services publics ? Ni Jospin ni Hollande ne l’ont fait en leur temps, continuant les attaques antiouvrières commencées par leurs prédécesseurs de droite.

Une fois de plus le PCF propose à ses militants d’être les rameurs d’une galère dirigée par des politiciens carriéristes qui, sitôt élus, iront prendre leurs ordres à la Bourse.

La nécessité de l’indépendance politique de la classe ouvrière, en toutes circonstances, y compris sur le mauvais terrain des élections, est une des leçons les plus anciennes de la lutte de classe que la direction du PCF a abandonnée depuis bien longtemps. Pour que la masse des travailleurs puisse un jour malgré tout s’en faire une arme, il faut que des militants la défendent, encore et toujours.

Paul GALOIS