Pacte de responsabilité : jackpot pour la finance

18 Septembre 2019

Cinq ans après la mise en place du Pacte de responsabilité, la CFDT a publié un bilan, pour le seul secteur financier.

Lancé par Hollande, lors de ses vœux présidentiels fin 2013, le plan consistait en une série de cadeaux royaux aux entreprises, pas seulement du secteur financier, sous forme de baisses de cotisations et d’allègements d’impôts. Cela s’ajoute à tous ceux que Hollande avait déjà généreusement distribués au patronat, notamment le CICE. Pour faire bonne mesure, il demandait symboliquement aux patrons d’embaucher en contrepartie, et Pierre Gattaz, alors président du Medef, avait promis, sans rire, la création d’un million d’emplois.

La CFDT, quant à elle, avait alors applaudi des deux mains, et fait la promotion du Pacte de responsabilité auprès du monde du travail.

Depuis, Macron a été élu, le Pacte de responsabilité prolongé, et le CICE transformé en baisse de charges. Autant dire que la pluie d’argent public ne s’est pas tarie, loin de là, pour le patronat.

Pour ce qui est des banques et des compagnies d’assurances, la CFDT estime à 14 milliards d’euros les allègements de cotisations et d’impôts dont elles ont profité entre 2014 et 2018. Dans le même temps, les dividendes versés à leurs actionnaires par BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole et Natixis ont presque doublé. Quant aux emplois, les banques en ont supprimé des dizaines de milliers, et annoncent la suppression de milliers d’autres.

Les « contreparties » annoncées par Hollande sont donc apparues pour ce qu’elles étaient : du vent.

Jacques Le Gall