Mort de Steve à Nantes : la lumière est loin d’être faite

18 Septembre 2019

Moins complaisant que le rapport de la police des polices sur la situation qui a entraîné la mort de Steve Maia Caniço, noyé à Nantes la nuit de la Fête de la musique, le rapport de l’inspection générale de l’administration relève divers faits jusque-là passés sous silence. Le « manque de discernement » du zélé commissaire est évoqué.

Le rapport souligne certes que l’engagement policier a été une réponse disproportionnée et que, dans des circonstances analogues, l’année d’avant, le reflux des policiers avait calmé le jeu. Mais il n’établit pas de lien entre les charges policières et la mort du jeune homme, se contentant de renvoyer à l’instruction judiciaire en cours, et il ne remonte pas la chaîne des responsabilités au-delà du commissaire sur le terrain.

Ce rapport contredit celui de la police des polices sur un point. Cette dernière s’était contentée de relever le dernier appel du téléphone de Steve, à 3 h 16, avant la charge policière. Les seconds rapporteurs ont constaté qu’il bornait toujours à 4 h 33, soit 77 minutes plus tard et 13 minutes après le début de la charge policière ; 13 minutes suffisantes pour tomber à l’eau.

Sur la base du premier rapport, Castaner s’était empressé de lancer un « circulez, il n’y a rien à voir ». Avec le second rapport, il lui faut sanctionner par une simple mutation un commissaire manquant de discernement. Mais pour les causes de la mort de Steve, il faut toujours attendre... L’avocate et la famille de Steve espèrent « de la loyauté dans la recherche des causes de la mort tragique et vaine de Steve ». On en est encore loin.

Jacques FONTENOY