Mensonges et calomnies

18 Septembre 2019

La journée de grève du 13 septembre a donné lieu au déversement des habituelles calomnies sur les « privilégiés » que seraient les travailleurs de la RATP.

D’après certains médias, ils gagneraient 3 500 euros par mois, partiraient à 50 ans à la retraite, etc. La réalité est tout autre.

Le régime spécial prévoit en théorie un départ possible en retraite à 52 ans si l’on travaille à la conduite, ou à 57 ans pour les agents de maintenance. Mais il faut pouvoir justifier de 27 ans de travail à la RATP et, depuis 2007, de 41 ans de cotisation, sous peine d’une décote importante. Par ailleurs, les sédentaires et ceux qui travaillent à horaires fixes n’ont pas droit au départ anticipé et doivent attendre, comme les travailleurs du privé, l’âge de 62 ans.

Tous ceux qui ont été embauchés à partir de 2009 ne bénéficient pas de la bonification de la retraite : une année pour cinq années travaillées, qui permet à un travailleur RATP d’avoir sa retraite calculée sur 32 ans quand il part au bout de 27 ans à la RATP.

Le principal avantage du régime spécial de retraite est le calcul de la pension sur les six derniers mois. Mais sur les 46 000 salariés de la RATP, 3 000 ne bénéficient pas du statut et ont les mêmes conditions que les autres travailleurs du privé : le calcul sur les 25 meilleures années.

Quant aux salaires, ils sont bien loin des chiffres avancés par les médias. Un conducteur de métro, qui touche le salaire le plus élevé hormis les maîtrises et les cadres, reçoit 2 300 euros net au bout de 20 ans d’ancienneté. Il plafonnera en fin de carrière à un peu plus de 3 000 euros.

Mais asséner mensonges et calomnies sur une catégorie pour diviser les travailleurs, c’est la spécialité des médias aux ordres du gouvernement.

Valérie FONTAINE