Macron et l’immigration : dans les pas de Le Pen

18 Septembre 2019

Le message de rentrée de Macron est clair : le sujet principal n’est ni les retraites, ni les licenciements ou la crise économique, ni même le dérèglement climatique. Non, lors d’un discours devant des élus LREM, il a affiché sa volonté d’enfourcher le sujet de l’immigration.

Et Macron y va avec des gros sabots. « La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n’ont pas de problèmes avec ça : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec », a-t-il asséné. Quand Macron pense aux classes populaires, c’est pour spéculer sur la peur des migrants, sur la peur de la concurrence des travailleurs immigrés. Ça va mal dans les quartiers populaires, il n’y a pas d’emplois, les classes sont surchargées, les hôpitaux asphyxiés. Eh bien, faisons un grand débat sur l’immigration !

Macron se présente comme un rempart contre Le Pen, mais il en reprend le langage. Comme Sarkozy et Hollande avant lui, il a recours aux mêmes vieilles ficelles et s’adresse ainsi aux électeurs les plus à droite. Et puis, désigner un bouc émissaire, c’est vieux comme l’exploitation. Pendant ce temps, on ne parlera ni des capitalistes qui ne savent pas où placer leurs milliards de profits, ni des usines qui ferment, ni du gouvernement qui supprime des milliers d’emplois dans la fonction publique. Et encore moins des attaques contre les retraites.

Au-delà du calcul politicien, Macron rend bien service aux capitalistes. Non seulement il prend des mesures en faveur des plus riches mais il encourage les idées de division pour les travailleurs, les dressant les uns contre les autres. Bref, il fait du Le Pen !

Marion AJAR