Travailleurs pauvres : quelle retraite ?

11 Septembre 2019

Pour remettre de l’équité dans le système des retraites, comme le prétend le gouvernement, il faudrait déjà assurer à tous un emploi payé correctement. En quoi la retraite à points, avec un euro cotisé donnant paraît-il les même droits à tous, résoudra-t-elle le problème de tous ceux qui ont des carrières hachées, de longues périodes de chômage, des temps partiels imposés par le patron ou un handicap ?

En 2015, il y avait déjà 1 363 000 retraités pauvres. Le décalage de l’âge de la retraite augmente le nombre de ceux qui ne sont ni au travail ni à la retraite, et dont deux tiers sont des femmes.

Mais, une fois à la retraite, plus d’un demi-million de retraités ne perçoivent que le minimum vieillesse après 65 ans, la grande majorité ayant travaillé pour des patrons privés. Ce qui signifie que le plus souvent leur pension était inférieure à 868,20 euros entre 62 et 65 ans. D’après le gouvernement, un nombre équivalent de retraités ne font pas la demande pour obtenir le minimum vieillesse, soit pour ne pas amputer l’héritage qu’ils tiennent à laisser à leurs proches, soit par manque d’information et difficultés face à l’administration.

La retraite par points n’empêchera pas que les retraités pauvres… restent pauvres.

Inès Rabah