Taxe foncière et taxe d’habitation : les vases communicants

11 Septembre 2019

Quelque 140 000 propriétaires ont reçu un avis de paiement de leur taxe foncière, majorée de 15 à 35 % par rapport à l’année précédente, sans même une note d’explication. Ils ne seront certainement pas les seuls, le fisc, c’est-à-dire le gouvernement, ayant décidé de revoir l’ensemble des taux de cet impôt.

La taxe foncière est calculée à partir de la base locative d’un bien immobilier, à savoir des revenus estimés si l’appartement ou la maison étaient mis en location. Cette base a été fixée il y a une cinquantaine d’années, or les loyers ont explosé depuis cette date. Les pouvoirs publics estiment aussi que des travaux d’amélioration ont été effectués dans la plupart des logements et que cela justifierait de revaloriser la base locative. Prudent, surtout avant une période d’élections, le secrétaire d’État en charge du dossier, Olivier Dussopt, prévoit que cette révision devrait s’étaler sur plusieurs années.

La plupart des propriétaires ne sont ni des spéculateurs ni des marchands de sommeil qui louent leurs biens pour s’enrichir, mais des travailleurs qui ont investi leurs économies dans cet achat afin d’avoir un toit au-dessus de leur tête en vue de la retraite ou de revers dus au chômage ou aux aléas de la vie. Et si la valeur locative de leur logement peut avoir augmenté par des améliorations individuelles ou liées à l’environnement, elle peut tout autant baisser si le propriétaire ne peut assumer ses frais d’entretien. La ponction peut être énorme pour eux. Alors que le gouvernement se vante, par la suppression de la taxe d’habitation, de sa volonté de redonner de l’argent aux ménages, beaucoup auront le sentiment de devoir le rendre sous forme de taxe foncière.

En enlevant aux communes des rentrées générées par la taxe d’habitation, le gouvernement les laisse démunies pour faire face aux dépenses publiques indispensables. Si elles veulent pouvoir boucler leur budget, elles n’ont donc que le choix d’augmenter d’autres taxes.

À part cela, le gouvernement s’était engagé à ce qu’il n’y ait aucune hausse d’impôt !

Marianne LAMIRAL