Pauvreté : un plan pour cacher la misère

11 Septembre 2019

Le 10 septembre, Emmanuel Macron est allé célébrer l’anniversaire de son plan pauvreté dans un chantier d’insertion par l’activité économique (IAE) du Val-de-Marne. Il voulait en profiter pour en vanter les premiers résultats et annoncer des améliorations à venir, un bilan que les associations qui s’occupent des plus démunis trouvent bien insuffisant, en particulier pour les plus pauvres parmi les pauvres.

Le dispositif IAE consiste à aider des structures, associations, chantiers ou entreprises d’insertion, au nombre de 3 900 actuellement, qui accueillent et aident les chômeurs les plus éloignés de l’emploi à retrouver une activité et à se réinsérer dans le monde du travail. Le budget de l’IAE, qui était de 900 millions pour 2019 devrait dépasser le milliard. Mais ces emplois en réinsertion, qui se montent au total à 140 000, n’augmentent au mieux que de 4 à 5 000 par an.

Le gouvernement se vante de certaines mesures : la revalorisation de la prime d’activité – qui doit plus à la lutte des gilets jaunes qu’à Macron – la création de places en crèche, les petits déjeuners gratuits pour 100 000 élèves. Mais un enfant sur cinq vit dans une famille pauvre. Globalement, le taux de pauvreté est resté le même : 14 % de la population, soit neuf millions de personnes, vivent avec moins de 1 026 euros par mois. Le gouvernement fait valoir que le taux de pauvreté aurait atteint les 22 % sans les aides sociales que Macron, qui donne des milliards au patronat, osait traiter de « pognon de dingue ».

En réalité, les disparités sont très fortes : les 10 % les plus pauvres le sont devenus encore plus, avec la baisse des APL, la désindexation des allocations logement et des prestations familiales.

Que représente la création de quelques milliers de postes d’insertion en face de la suppression de 250 000 emplois aidés, face à près de 6 millions de chômeurs, à l’absence de revalorisation du RSA ? Que va faire la réforme de l’Assurance chômage, si ce n’est précipiter des milliers de chômeurs vers les minima sociaux, quand il faudrait au contraire aller vers la création de centaines de milliers d’emplois ?

Le gouvernement Macron joue les dames patronnesses pour aider les pauvres… à rester pauvres.

Sylvie MARÉCHAL