Le Pen en campagne : contre Macron, pour les patrons

11 Septembre 2019

Dimanche 8 septembre, à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a fait sa rentrée politique à grand renfort de démagogie.

La dirigeante d’extrême droite s’est payé le luxe de dénoncer les violences contre les gilets jaunes, en en rendant le gouvernement responsable sans jamais toucher à la police elle-même. Elle a évoqué l’insécurité, la sauvagerie de la société, sans jamais parler des entreprises fermées par des patrons bien français, des appartements insalubres loués par des propriétaires ignobles, des accidents du travail en hausse du fait des cadences infernales imposées par des actionnaires avides. Elle conspue Macron, mais surtout pas les patrons milliardaires qui imposent des salaires tellement bas qu’il est impossible d’en vivre correctement.

Pour alimenter une propagande haineuse, Le Pen se complaît dans l’évocation des faits divers les plus sordides, comme l ’agression de Villeurbanne commise par un réfugié afghan. Non seulement ses discours politiques ne visent jamais le patronat mais, en semant la division, ils affaiblissent le monde du travail.

En faisant croire qu’avec elle au pouvoir tout changerait, Le Pen ment comme tous les autres. Elle contribue elle aussi à faire oublier que les dirigeants de la société sont les capitalistes et que c’est leur système qui est la cause de la misère montante. Elle veut surtout montrer, y compris
à l’électorat de droite, qu’elle pourrait être une solution de secours pour gouverner au service de la bourgeoisie. Elle reproche au gouvernement « d’avoir mis en oeuvre un projet pour ceux qui ont réussi, tout en ignorant voire en méprisant ceux qui, aux yeux du président, ne seraient rien » et ainsi d’avoir « lancé les Français les uns contre les autres ». Mais, ce faisant, elle ne critique ni les inégalités croissantes, ni l’exploitation, mais le fait que le gouvernement Macron a aggravé les tensions sociales, attisé la colère des classes populaires. Elle veut ainsi faire croire que sa politique de division et de haine pourrait détourner le mécontentement et empêcher qu’il s’exprime sur le terrain social.

En tentant de jouer avec les peurs pour détourner la colère des travailleurs vers d’autres cibles que leurs véritables ennemis, Le Pen montre le même mépris pour les classes populaires que ceux qui sont au pouvoir.

Marion AJAR