La Redoute – Wattrelos : mis à pied pour une clémentine !

11 Septembre 2019

Il y a déjà deux ans, un travailleur de La Redoute à Wattrelos, dans le Nord, a été sanctionné d’une journée de mise à pied pour avoir mangé une clémentine près de son poste de travail, avec une perte de salaire de 70 euros. À l’époque, sur le site logistique de La Redoute, le Quai 30, les travailleurs avaient été nombreux à débrayer pour protester contre cette sanction inadmissible. Et plus de 700 salariés de l’entreprise (dont des agents de maîtrise et des cadres) avaient signé une pétition.

La direction n’avait pas voulu reculer. Alors ce travailleur, Smaïl, a attaqué aux Prud’hommes, devant lesquels il passait jeudi 5 septembre. Il entendait bien contester sa mise à pied et réclamer le paiement de cette journée perdue.

Cette sanction, pour un motif aussi ridicule, intervient alors que la direction fait pression sur l’ensemble des salariés afin d’obtenir plus de production. Comme l’a déclaré Smaïl : « Si on ne peut pas se restaurer, on tombe, ce n’est pas possible. C’est quoi la prochaine étape ? Après il y a la publicité sur cinq fruits et légumes par jours… Moi, ça ne me fait pas rire, c’est un scandale ! On me reproche d’avoir mangé une clémentine sur mon lieu de travail. »

D’autres travailleurs témoignent de cette course à la production sous pression des chefs, qui les épuise : « On se lève tous vers 4 heures et demie du matin. On n’a pas de pause avant 10 heures, donc tout le monde mange un gâteau ou une barre de céréales. » Ou bien : « On est serrés, on galère, le travail est fatigant. On n’arrête pas une seconde, ils sont toujours derrière nous. »

La réponse de la direction, qui parle de sécurité et d’hygiène pour cette clémentine, est complètement stupide. Les conseillers prud’homaux, qui eux-mêmes grignotaient pendant l’audience, comme l’a fait malicieusement remarquer un journal local, rendront leur décision le 14 novembre.

En attendant, dans l’entreprise, les travailleurs ne veulent pas se laisser faire. Fin août, deux débrayages ont eu lieu la même semaine, regroupant plus de la moitié des travailleurs présents l’après-midi. Le premier parce qu’il faisait 42 degrés dans l’usine et que la direction refusait une pause supplémentaire, sous prétexte qu’il n’y avait pas officiellement de plan canicule. Il avait duré une bonne demi-heure. Le deuxième débrayage était une réaction aux pressions inadmissibles de certains chefs.

La Redoute, qui se veut spécialiste de la communication et se gargarise de sa « responsabilité sociétale », s’est pris les pieds dans le tapis, tant elle est acharnée et mesquine vis-à-vis des travailleurs qu’elle exploite.

Correspondant LO