Hôtel Ibis – Batignolles : huit semaines de grève

11 Septembre 2019

Malgré le silence des directions d’Accor et de STN, les femmes de chambre, gouvernantes et équipiers de l’hôtel Ibis, situé dans le 17e arrondissement de Paris, ne désarment pas.

Travaillant pour le groupe sous-traitant STN, ils exigent leur embauche directe dans l’hôtel, pour bénéficier des salaires et conditions de travail des employés du groupe Accor. Actuellement, leurs salaires sont bien plus bas et leurs conditions de travail plus dures : STN exige en effet des femmes de chambre de nettoyer trois chambres et demie en une heure, sans leur payer leur dépassement horaire. Les salariés demandent donc l’installation d’une pointeuse infalsifiable pour éviter les vols sur leurs feuilles de paie. Ils demandent également l’arrêt des mutations forcées. En effet, pour se débarrasser des femmes de chambre usées par le travail, la direction les mute dans des lieux très éloignés. Le groupe Accor comme STN prétendent ne pas avoir assez d’argent pour un panier repas, pour une prime de nettoyage et de repassage. C’est se moquer du monde : le groupe Accor a quintuplé son bénéfice en 2018, réalisant 2,23 milliards d’euros.

Le mépris de l’encadrement est aussi la règle : l’ancien directeur est même accusé d’avoir violé une femme de chambre, en mars 2017. Il a bénéficié de l’avocat du groupe Accor, alors que la femme de chambre, toujours en arrêt de travail, n’a eu de soutien que de ses collègues.

La société STN use de toutes les pressions sur les salariés : quand elle leur avance de l’argent, elle se rembourse sur la feuille de paie suivante en prenant 20 % d’intérêt. Toutes ces malversations font dire aux salariés qu’Accor et STN ont des draps blancs mais les mains sales.

La CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques) a organisé une caisse de solidarité. Samedi 7 septembre à midi, les grévistes se sont rassemblés avec leurs soutiens pour toucher leur chèque de grève, de 700 à 800 euros. Les femmes de chambre, sous les acclamations, brandissaient fièrement leur chèque, montrant par là qu’elles sont prêtes à tenir. Une fête de quartier est d’ailleurs annoncée pour le 20 septembre non loin de l’hôtel, dans le parc Martin-Luther-King, pour soutenir les grévistes.

Correspondant LO