États-Unis : le gouvernement attaque les syndicats

11 Septembre 2019

L’article ci-dessous est extrait d’un éditorial du journal trotskyste The Spark du 2 septembre.

La dernière semaine du mois d’août, le FBI et l’IRS (l’administration fiscale) ont perquisitionné la demeure de Gary Jones, le président du syndicat des travailleurs de l’automobile, UAW, la demeure de l’ancien président de l’UAW Dennis Williams, ainsi que d’autres locaux du syndicat, six sites en tout dans quatre États différents, de la Californie au Michigan en passant par le Wisconsin et le Missouri.

Les seuls détails révélés aux médias étaient destinés à alimenter les soupçons de corruption et de prévarication qui couraient depuis deux semaines. Les médias ont ajouté des anecdotes croustillantes pour pimenter l’affaire : de l’argent compté dans des garages, des récipients remplis d’argent… mélangeant cela à l’enquête pour corruption menée chez Chrysler il y a quelques mois.

Jusqu’à maintenant, aucune charge n’a été retenue contre l’un ou l’autre des deux présidents. Et il n’y en aura peut-être jamais. Mais il est clair que le gouvernement veut les faire passer pour coupables tant que leur innocence ne sera pas démontrée !

Comme par hasard, ces perquisitions ont eu lieu moins de trois semaines avant l’expiration des contrats que l’UAW avait passés avec les dirigeants des trois grands de l’automobile, General Motors, Ford et Fiat Chrysler, contrats qui sont donc renégociés en ce moment même. Ne serait-ce pas un bon moyen de briser le syndicat et démoraliser les ouvriers, à la veille d’une épreuve de force avec les patrons ?

Il est évident que le gouvernement américain veut intervenir dans les affaires du syndicat des travailleurs de l’automobile. Il craint peut-être que la situation politique et économique dans laquelle se trouvent les travailleurs ne mène à des luttes et des grèves. Alors que les attaques brutales des patrons poussent les travailleurs dans leurs retranchements, une partie du gouvernement voudrait se débarrasser complètement des syndicats.

Certes, comme dans bien d’autres grandes organisations, il y a quelques individus qui se font corrompre. Les travailleurs, eux, subissent des affronts quotidiens au travail, toute l’injustice des reculs inscrits dans les contrats, et le peu de succès des mobilisations qui n’aboutissent même pas à de petites victoires. Et, par-dessus tout cela, les travailleurs sont réellement irrités par les petits avantages et les privilèges qui ont cours dans le syndicat, sans compter les allégations de véritable corruption et prévarication.

Mais penser que le FBI ou l’IRS agissent parce qu’ils se soucient de l’intérêt des travailleurs serait une erreur. Ils se livrent à une véritable attaque contre la seule organisation que la classe ouvrière a aujourd’hui, et contre la classe ouvrière elle-même. Peut-on vraiment penser que ces agences fédérales, qui représentent les patrons, Wall Street et la classe capitaliste, vont faire le ménage dans le syndicat dans l’intérêt des travailleurs ?

Il y a certes des problèmes dans le syndicat, tout d’abord et principalement leur politique de partenariat avec les patrons, qui a mené les travailleurs de reculs en reculs. C’est une raison valable pour critiquer les dirigeants et une raison valable pour contester la direction du syndicat. Mais c’est aux travailleurs de résoudre ce problème et de faire le ménage dans leur maison. Personne ne le fera à leur place.

The Spark