RDC : l’épidémie d’Ebola a déjà fait 2 000 morts

04 Septembre 2019

L’épidémie d’Ebola, qui dure depuis août 2018 en République Démocratique du Congo (RDC), a déjà fait 2 000 morts, sur 3 000 personnes contaminées.

Cette fièvre hémorragique est particulièrement grave à cause du taux de mortalité très élevé, le décès survenant de plus quelques jours à peine après l’infection. C’est la deuxième plus grave épidémie, après celle de 2013-2014, qui avait fait plus de 11 000 morts, surtout en Guinée, en Sierra-Leone et au Liberia. Mais comme le virus n’a touché pour l’instant que des pays pauvres d’Afrique, la recherche médicale a été très lente. De plus, le réseau de santé est démuni, les centres de santé sont trop peu nombreux et manquent de personnel, de matériel, de médicaments même de base.

Mais les progrès de la maladie ne viennent pas que des problèmes sanitaires.

Le nord-est de la RDC, où s’est propagé le virus, est une région dont le sous-sol regorge de minerais comme l’or ou l’étain. Dans tout le pays, près de 130 groupes armés se disputent le contrôle des mines et des routes, et prélèvent leur dîme sur le commerce des minerais avant qu’ils soient accaparés par les trusts miniers. La France a une responsabilité particulière dans cette situation, car elle a exfiltré, en 1994, les miliciens génocidaires du Rwanda vers le Kivu congolais, où ils ont constitué une partie des bandes armées qui sévissent actuellement.

La domination de ces milices rend difficile et risqué le déplacement des malades jusqu’aux centres de santé, souvent éloignés. Aussi le virus voyage-t-il beaucoup plus vite que le remède.

La population est méfiante vis-à-vis des autorités qui ont abandonné la région aux mains des groupes armés, laissé les équipements de santé, d’éducation, d’électricité ou d’eau potable à l’abandon. Mais elle l’est aussi vis-à-vis des ONG qui arrivent avec de l’argent et des Jeep dans une région jusque-là à l’abandon. Beaucoup de gens refusent de se faire vacciner par peur de servir de cobayes à des firmes pharmaceutiques sans scrupules, ou qu’on leur inocule tout simplement le virus.

En visite en RDC à partir du 31 août, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a déclaré que « la meilleure réponse au terrorisme et à la violence, c’est le développement », évoquant les jeunes tentés par les groupes armés faute d’emplois. Un comble de la part d’un représentant des grandes puissances qui sont responsables du sous-développement et du pillage des richesses congolaises par les multinationales !

Hélène COMTE