Sucrerie de Toury : non aux licenciements !

28 Août 2019

En avril dernier, le groupe Cristal union a annoncé qu’il allait se débarrasser de 150 salariés à Toury dans l’Eure-et-Loir, 90 à Bourdon (Puy-de-Dôme) et 70 à Erstein (Bas-Rhin).

Son concurrent Südzucker Saint Louis a annoncé de son côté la fermeture de ses sucreries de Eppeville (Somme) et Cagny (Calvados).

Conjointement avec Tereos, le numéro un mondial, ces groupes européens rivalisent désormais avec des producteurs de sucre de canne basés au Brésil, en Inde ou en Thaïlande. Ils ont augmenté de 20 % leur production de sucre de betterave en 2017-2018. Les cours se sont effondrés, et maintenant c’est aux salariés qu’ils présentent la facture.

À l’annonce de la fermeture de la sucrerie de Toury, la représentante du conseil départemental s’est dite révoltée, alors que la collectivité vient de dépenser 500 000 euros pour aménager une bretelle facilitant l’accès des camions à l’usine. Le député local (UDI) a demandé aux ministres de l’Agriculture et de l’Industrie de convaincre Cristal union d’aider à une reprise au moins partielle du site. Il s’agirait d’orienter la production d’alcool notamment vers les besoins des parfumeurs régionaux (la Cosmetic Valley, entendez par là les multinationales du luxe, dont le groupe LVMH de Bernard Arnault). À l’en croire, un montage financier serait déjà prêt, dans lequel collectivités locales, BPI-France et autres fonds publics mettraient la main à la poche.

Les politiciens font semblant de s’émouvoir, ils continuent d’arroser leurs champions nationaux avec l’argent public. Les travailleurs, eux, ont toutes les raisons de se mobiliser collectivement pour ne pas payer les frais de la concurrence entre groupes capitalistes. Une manifestation de soutien aura lieu samedi 31 août à Toury, à laquelle sont conviés les travailleurs des autres entreprises et la population locale.

Correspondant LO