Paillettes et écologie

28 Août 2019

À l’occasion du G7 de Biarritz et dans le cadre du feu d’artifice d’autopromotion macronienne, François-Henri Pinault, héritier et PDG de l’empire de la mode Kering, a présenté le Fashion Pact.

Il s’agit de l’engagement en faveur de l’écologie d’une partie des entreprises de la mode, du textile et du luxe, comme Saint-Laurent, Gucci, Chanel, Hermès, Nike, Adidas et autres.

Le Fashion Pact énumère un certain nombre de catastrophes écologiques en cours et assume la responsabilité directe de l’industrie textile dans ce processus. Elle serait la deuxième industrie la plus polluante, après le secteur pétrolier.

Mais son porte-parole ne propose bien entendu ni acte ni même engagement pour tenter de diminuer les destructions écologiques. Les capitalistes du secteur ne promettent absolument rien, pas même de respecter les malheureux règlements proposés par les ONG les plus inoffensives. Il n’y a donc rien à en attendre.

Il est caractéristique de ces gens, grands patrons entourés de leur chœur, que leur souci écologique n’aille pas jusqu’à se préoccuper de la vie des travailleurs qu’ils emploient.

Il n’y a pas un mot dans leur Fashion Pact sur les enfants esclaves des ateliers de couture, les dizaines de millions de jeunes filles qui s’éreintent chez les sous-traitants des industriels occidentaux, du Bangladesh à l’Éthiopie, de la Chine à la Roumanie.

Pas un mot sur les morts au travail, les 1 135 écrasés dans l’effondrement du Rana Plaza en 2013 par exemple, pour que des Pinault puissent pérorer sur l’écologie du haut de leur tas d’or.

Les bourgeois comme Pinault sont écologistes comme Marie-Antoinette était fermière : qu’importe que le peuple crève, pourvu que les moutons de Versailles aient des rubans.

Paul GALOIS