G7 à Biarritz : la réunion des brigands qui dirigent le monde

28 Août 2019

Des dizaines de millions d’euros, plus de 10 000 policiers et gendarmes, la ville de Biarritz et sa région mises en état de siège… Il a fallu en mobiliser des hommes et de l’argent pour que puisse se tenir le G7, ce sommet des sept États les plus puissants de la planète, et surtout sommet de mensonges et d’hypocrisie !

Pour ces dirigeants, ce genre de grande ­réunion internationale est l’occasion de se mettre en scène devant leur opinion publique. Et dans ce domaine, Macron a mis le paquet ! Omniprésent dans les médias, il a tenté d’apparaître comme celui qui pourrait sauver l’Amazonie ravagée par les incendies et les océans menacés par la pollution.

Les yeux fixés sur l’horizon des prochaines élections, ce président des riches essaie de « ­verdir » son image mais, pendant qu’il fait des discours sur l’écologie, son gouvernement défend les intérêts du pétrolier Total, responsable de pollutions aux quatre coins de la planète. Et l’actualité récente concernant le glyphosate ou les boues rouges de Gardanne a montré que, pas plus en France qu’au Brésil, les industriels de la chimie ou de l’agroalimentaire ne se voient imposer des mesures susceptibles de diminuer leurs profits.

Pour Macron et ses ministres, comme pour tous les dirigeants des États impérialistes, il n’est jamais question de s’en prendre d’une manière ou d’une autre aux groupes capitalistes dont ils servent les intérêts.

Crise économique, guerres commerciales et menaces de récession, pollution et réchauffement climatique, tout cela était censé être au programme des discussions de ces chefs d’État qui se sont pavanés ce week-end devant les télévisons du monde entier. Mais ils ont surtout montré une nouvelle fois à quel point ils sont bien incapables, quand bien même ils le voudraient, de trouver des solutions aux méfaits engendrés par leur système.

Ils ne sont que les brigands en chef d’une organisation économique fondée sur l’exploitation et le pillage des peuples et des richesses de la planète. S’ils sont unis par une même volonté de préserver un ordre social de plus en plus inégalitaire et violent, ils se préoccupent chacun de défendre la part de butin de leurs capitalistes nationaux dans un contexte d’aggravation de la crise. La brutalité et le cynisme de Trump, qui utilise les moyens de pression que lui donne la toute-puissance des États-Unis, ne font que souligner d’une manière crue la réalité des relations dans un monde impérialiste basé sur les rapports de force.

Ni les capitalistes ni les États à leur service ne sont capables d’empêcher leur économie de s’enfoncer toujours plus dans la crise. Dans cette organisation fondée sur la propriété privée des moyens de production et des banques, chaque capitaliste est libre de déplacer ses capitaux comme il l’entend, avec comme seul objectif d’accroître leur rentabilité.

Pour garantir leurs profits, les capitalistes ont licencié massivement et aggravé l’exploitation. Ils ont privilégié le développement de la finance, beaucoup plus lucrative que les activités productives. L’économie a été transformée en un véritable château de cartes, qu’une panique boursière peut faire s’écrouler du jour au lendemain. Les profits d’une minorité ont explosé, mais c’est au prix de l’explosion partout du chômage et des inégalités, et du maintien de régions entières dans le sous-développement. Les menaces de crises économiques et de crises climatiques aux conséquences de plus en plus graves rendent d’autant plus dérisoire la comédie à laquelle viennent de se livrer les dirigeants du G7.

Permettre à la population de reprendre le contrôle de l’économie et mettre fin à son fonctionnement anarchique est possible, à la condition d’exproprier les grands groupes capitalistes. Sous le contrôle des travailleurs, il sera alors possible d’organiser démocratiquement l’activité économique afin de répondre aux besoins de la majorité, avec le souci de préserver l’environnement.

Placés au cœur de la production, les travailleurs constituent une force concentrée, organisée, la seule classe sociale qui n’a aucun intérêt au maintien d’un système fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’exploitation du travail. Ils sont les seuls à pouvoir mettre fin à la domination de la bourgeoisie et à pouvoir réorganiser l’économie sur des bases collectives.

Plus que jamais, l’avenir de l’humanité en dépend.

Éditorial des bulletins d’entreprise du  26 août 2019