Étudiants étrangers : une discrimination inadmissible

21 Août 2019

Au printemps dernier, le gouvernement a publié les décrets décuplant les frais d’inscription des étudiants étrangers non-européens. Ils passent de 170 à 2 770 euros en licence, et de 243 à 3 770 euros en master.

Sont en particulier visés les étudiants modestes des anciennes colonies françaises d’Afrique et d’Asie. La France y a imposé pendant des décennies l’usage du français par la politique de la canonnière et l’école des missionnaires. Mais, si les politiciens se glorifient de la grandeur de la francophonie, vestige de cet empire colonial, ils dénient aux enfants des peuples des ex-colonies de poursuivre leurs études dans l’ancienne métropole.

À ces frais prohibitifs s’ajoute le fait que les étudiants étrangers ont rarement accès aux logements universitaires, réservés prioritairement aux boursiers. Or pour être boursier du Crous, il faut être titulaire de la nationalité française. Enfin s’ajoutent les obstacles administratifs liés à l’obtention et au renouvellement des visas, à l’accès aux soins ou à l’ouverture d’un compte en banque. Ainsi, un étudiant étranger sur trois n’a pas de couverture complémentaire santé.

Macron a eu le culot de rendre hommage aux troupes coloniales françaises lors de l’anniversaire du débarquement en Provence de 1944. Il a demandé aux maires « d’entretenir la mémoire de ces hommes ». Lui se charge de barrer l’entrée du pays et des universités à leurs arrière-petits-enfants.

Christian BERNAC