Chômage : l’art de bidonner les statistiques

21 Août 2019

Le gouvernement s’est congratulé d’une baisse, pourtant dérisoire, de 0,2 %, du chômage au second trimestre 2019, alors que l’économie ne cesse de ralentir. Mais, à vrai dire, le décompte officiel du nombre de chômeurs est davantage destiné à masquer la réalité qu’à l’éclairer.

Et suivant les organismes, Insee ou Pôle emploi, on trouve, pour la même catégorie de chômeurs, des écarts… d’un million.

Pôle emploi répertorie les chômeurs en cinq catégories, de A à E. Le chiffre total d’inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues, y compris territoires d’outre-mer, est actuellement de 6,55 millions.

Les statistiques répertorient en catégories D et E les demandeurs d’emploi en formation, en maladie, ou en contrat aidé.

Les catégories A, B, C représentent les personnes tenues de rechercher un emploi et regroupent actuellement 5,8 millions de personnes. Mais comme les catégories B et C regroupent des chômeurs ayant eu une activité réduite, seule la catégorie A, les chômeurs sans aucune activité, est prise en compte pour mesurer le chômage officiel. Cela représente 3,6 millions de personnes, du moins selon Pôle emploi.

Car, pour l’Insee, de nombreux demandeurs d’emploi classés en catégorie A par Pôle emploi ne sont pas considérés comme chômeurs. L’écart entre les deux courbes était de 350 000 en 2013, il est aujourd’hui de plus d’un million.

Ainsi l’enquête Insee refuse de retenir comme chômeurs, par exemple, des seniors qui, à l’approche de la retraite, ont des difficultés à trouver un emploi et dont « la motivation peut décliner ».

D’autre part, bon nombre de chômeurs, en particulier des jeunes, ne sont même pas inscrits à Pôle emploi et ne sont recensés par aucun organisme. Le mensuel Alternatives économiques relève que la prétendue baisse du chômage n’est pas du tout une amélioration de la situation de l’emploi. En fait, « la part de ceux en âge de travailler qui sont totalement sortis du marché du travail (ils n’ont pas d’emploi et n’en cherchent pas) a augmenté cette année ».

La réalité, vécue par chaque famille ouvrière de ce pays, est que le cancer du chômage ne cesse de progresser, alimenté par les suppressions d’emplois et les licenciements dans les entreprises publiques et privées.

Priver d’emploi des millions de travailleurs est une atteinte à leurs ressources, à leur dignité, et représente un gâchis pour l’ensemble de la société.

Il faut imposer à la classe capitaliste la répartition du travail entre tous, sans baisse de salaire, en prenant sur les profits.

Christian BERNAC