Migrants : le cimetière de la Méditerranée et son gardien Macron

13 Août 2019

Il n’y a plus en Méditerranée de bateau de sauvetage appartenant à l’Union européenne (UE) ou à un de ses États membres. Seuls des navires affrétés par des ONG viennent donc au secours des migrants, malgré toutes les dispositions prises pour les en empêcher.

L’Ocean Viking, affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, a ainsi pris la mer récemment. Il est, avec l’Open Arms et l’Alan Kurdi, un des rares bateaux opérant sur une zone de plusieurs milliers de kilomètres carrés. En trois jours, deux de ces navires ont recueilli plus de 400 migrants. Lundi 12 août, ils cherchaient encore un port d’accueil sûr, où ils pourraient débarquer les femmes et les hommes secourus. L’Open Arms faisait du sur-place près de Lampedusa, avec 160 migrants à son bord depuis dix jours, en pleine canicule, tandis que l’Ocean Viking continuait de patrouiller au large de la Libye. Aucune solution n’était en vue pour leur accueil. S’ils accostent sans autorisation, les membres des ONG risquent la confiscation du navire et des amendes pouvant atteindre un million d’euros. Ils attendent donc une décision des autorités portuaires ou de l’UE.

Mais l’UE renvoie vers les différents États européens, dont aucun n’accepte d’accueillir ces bateaux. Plusieurs gouvernements, dont celui de la France, fustigent la politique de Salvini. Arguant du fait que son pays ne devait plus être « le camp de réfugiés de l’Europe », le ministre de l’Intérieur italien interdit depuis un an aux bateaux de sauvetage d’accoster en Italie, transformant des sauveteurs en hors-la-loi.

Mais, derrière un vernis humanitaire, la politique française n’est pas fondamentalement différente. Il existe de nombreux ports sûrs français en Méditerranée, du Canet-en-Roussillon à Menton, en passant par Marseille, les ports de Corse, voire Borme-les-Mimosas, où se trouve un certain fort de Brégançon. Mais Macron et son gouvernement s’opposent à tout débarquement.

Tous les jours, des migrants risquent leur vie à bord d’embarcations de fortune. Depuis le début de l’année, près de 600 d’entre eux sont morts noyés au large de la Libye. Les gouvernements européens, qui les obligent à prendre ces risques pour échapper à la dictature, à la guerre ou à la misère et, quand ils sont secourus, ne leur accordent même pas l’asile, ont leur sang sur les mains.

Michel BONDELET