Frais bancaires : les clients détroussés

13 Août 2019

Les salariés qui connaissent des fins de mois difficiles subissent bien souvent une double peine. En plus de se restreindre dans les achats du quotidien, en plus de recevoir des menaces de coupure de téléphone, voire d’eau et d’électricité, ou d’expulsion, c’est bien souvent leur banque qui vient les ponctionner directement sur leur compte.

À chaque incident bancaire, les banques prélèvent jusqu’à 20 euros pour un virement, et 50 euros pour un chèque refusé. Elles n’hésitent pas à ponctionner le client plusieurs fois lorsque la demande de paiement revient quelques jours plus tard.

Ces prélèvements sont une véritable poule aux œufs d’or pour les banques. Ils touchent entre un tiers et un quart des clients chaque année, pour un montant de 210 euros en moyenne. Au bas mot, c’est 1,2 milliard d’euros qu’encaissent ainsi les banques de façon automatique. Mais selon certaines associations, le montant global s’élève en réalité à 6 milliards d’euros.

En échange de l’obligation pour les salariés de détenir un compte bancaire, les banques sont censées assurer gratuitement à leur client le retrait d’espèces, la mise à disposition de chèques et de relevés de compte, et permettre la clôture du compte. Tous ces services élémentaires, alors que la banque profite de l’argent des salariés versé sur leur compte, sont aujourd’hui de plus en plus chèrement payés.

Devant les protestations de certaines associations d’usagers, le gouvernement a fait mine de réagir. Il s’est contenté de demander une évaluation précise sur les frais entraînés par les incidents bancaires. Quant à la mise en place au début de l’année 2019 d’une forme de bouclier social devant limiter les frais bancaires à 25 euros par mois, elle se fait en réalité au bon vouloir des banques. C’est à elles de décider quel sera le « public fragile » à qui bénéficieront ces mesures.

Riches à milliards, bénéficiaires des largesses de l’État, contribuant par leur comportement à précipiter la planète dans un chaos financier, les banques n’en continuent pas moins à prélever jusqu’au dernier euro même à leurs clients les plus en difficulté.

Gilles BOTI