Rapport Delevoye : tour de passe-passe

07 Août 2019

Dans son rapport sur les retraites, Jean-Paul Delevoye donne des exemples de pensions que toucheraient les futurs retraités dans le système qu’il préconise.

Un collectif d’experts les a passés au crible et a constaté une présentation ingénieuse, très favorable à la réforme proposée. Parmi les exemples, ils relèvent ainsi le cas d’une employée, née en 1990, commençant à travailler à 22 ans. En gagnant 2 238 euros net en moyenne tout au long de sa carrière et en prenant sa retraite à 62 ans, elle toucherait une pension de 1 839 euros dans le régime actuel, et de 1 856 euros, dans le nouveau régime dit « universel », soit 17 euros de plus. Dans ce même régime, en partant en retraite à 64 ans, elle gagnerait 41 euros de plus que dans l’ancien système.

L’astuce réside dans la durée de cotisation prise en compte. Aujourd’hui, elle est de 43 ans. Dans les exemples proposés, la durée de cotisation est établie à 44,3 ans pour la génération 1990, pour tenir compte de l’évolution de l’espérance de vie, disent les auteurs du rapport. Mais, pour le moment, une telle durée n’existe dans aucune loi ; sa seule utilité, selon le collectif, est de « faire baisser mécaniquement le montant estimé de la pension selon les règles actuelles ».

C’est un petit arrangement pour tenter de prouver les bienfaits d’une réforme que la plupart des salariés considèrent, à juste titre, comme une attaque d’envergure.

Sylvie MARÉCHAL