Morts au travail : exploitation patronale et incurie de l’État

07 Août 2019

Trois travailleurs meurent tous les jours à cause du travail en France selon les statistiques de la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie) qui, sur l’année 2017, a compté 542 décès survenus au travail, auxquels il faut ajouter 264 accidents de trajets et 336 décès dus à des maladies professionnelles – et bien peu d’entre elles sont reconnues. Au total, 1 142 travailleurs ont perdu la vie en tentant de la gagner.

Les chiffres sont pour le moins glaçants et une enquête du journal Le Monde cite parmi les victimes des ouvriers de l’automobile, des cordistes, des ouvriers agricoles comme ce jeune de 18 ans, écrasé sous son tracteur à Saint-Jean-Ligoure en Haute-Vienne, le 9 juillet, ou bien cet ouvrier de 45 ans percuté par la chute du contrepoids d’une grue, dans les Ardennes.

Les statistiques officielles sont en fait très parcellaires et ne tiennent pas compte, par exemple, des salariés de la fonction publique ni même de tous les salariés indépendants ou ubérisés. Ainsi, les morts de travailleurs de Deliveroo ou d’autres plateformes de livraison ne sont pas comptabilisées comme morts au travail mais comme accidentés de la route.

Les pouvoirs publics et en particulier le ministère du Travail cherchent à minimiser le nombre de morts au travail, ils ne veulent pas contraindre le patronat à prendre des mesures de sécurité.

Aline URBAIN